Le fabricant de modules Arm Toradex adopte une plate-forme Linux aisée à maintenir et à faire évoluer[EDITION ABONNES] Spécialisée dans le développement et la commercialisation de modules processeurs à architecture Arm, la firme suisse Toradex compte lancer d’ici à la fin de l’année sous le nom de Torizon une plate-forme logicielle architecturée autour de Linux dont la vocation est d’accélérer et de simplifier le développement et la maintenance de logiciels embarqués. ... Si l’on en croit la firme helvète, Torizon a été conçu pour donner aux développeurs l’opportunité de bénéficier du vaste écosystème associé à l’OS open source sans avoir à être un spécialiste des BSP (Board Support Package) Linux. Bâtie sur la méthodologie définie par le projet Yocto, la plate-forme est censée aussi répondre à plusieurs exigences exprimées par le secteur de l’embarqué, à savoir la sécurité et les mises à jour à distance over-the-air (OTA). A ce titre, Toradex a collaboré avec la start-up britannique Foundries.io, arrivée sur le marché en 2018 avec des « micro-plateformes » Linux qui permettent à des équipements connectés d’être toujours sécurisés et mis à jour avec les dernières versions disponibles des logiciels de bas niveau, des systèmes d’exploitation et des applications (lire notre article ici). Ces micro-plateformes sont décrites comme des environnements d’empreinte minimale, sécurisés et constitués de logiciels de bas niveau, d’un noyau et une distribution minimale bâtie selon la méthodologie Open Embedded/Yocto. Elles sont en outre capables d’exécuter des services et applications propres à l’utilisateur nativement ou au sein de conteneurs, dans des équipements de bordure de réseau (edge) de type passerelles ou serveurs sur des marchés comme le résidentiel, l’industriel ou l’automobile.
Au cœur de la plate-forme, on trouve une fondation 100% open source de faible empreinte mémoire (TorizonCore) qui contient le noyau Linux et des services élémentaires à l’instar d’un client OTA et d’un gestionnaire optionnel de conteneurs (Docker en l’occurrence) qui simplifient le déploiement et la maintenance des applications. Dans le détail, le client de mise à jour OTA repose sur Actualizr, une implémentation C++ du logiciel client OTA Uptane. (Créée en juillet 2018 sous l’égide de l’organisme IEEE, l’alliance Uptane est chargée de standardiser la technologie du même nom, élaborée pour sécuriser les mises à jour OTA de logiciels dans les automobiles et, plus généralement, dans les équipements edge, lire notre article ici.) Au-delà, la plate-forme Torizon embarque un conteneur Debian (pour récupérer des packages Linux existants) et devrait s’étoffer à terme d’outils d’aide au développement et à la configuration système pour garantir des expériences out-of-the-box, assure Toradex. A noter que TorizonCore, dont la version stabilisée est attendue dans le courant du quatrième trimestre, a vocation à s’exécuter sur les modules processeurs Arm du suisse (les modèles Colibri i.MX7, Colibri i.MX6 et Apalis i.MX7 notamment) et que la plate-forme Torizon comprend aussi des services hébergés dans le cloud. Les développeurs embarqués souhaitant quitter l’écosystème Windows restent l’une des principales cibles de Toradex avec Torizon. La firme helvète compte ainsi proposer un outil facilitant cette démarche avec un utilitaire baptisé Torizon Microsoft Developer Environment qui s’intègre dans Visual Studio afin de rendre la mise au point et le débogage d’applications Linux plus intuitifs pour les développeurs Windows. « Nous avons cherché des alternatives à WinCE, indique Daniel Lang, directeur marketing de Toradex. Après une évaluation en profondeur de nombreux OS comme Android, Windows 10 IoT Core, certains OS temps réel et différentes moutures de Linux, nous avons décidé que, pour la plupart de nos clients, un système d’exploitation reposant sur Linux constituait le meilleur choix. Notre objectif avec Torizon est de ramener de la simplicité en nous appuyant sur l’écosystème Linux tout en offrant le niveau de qualité qu’exigent les applications industrielles et médicales et, plus généralement, les applications critiques. » |