Wormsensing lève 9,5 millions d’euros pour déployer ses solutions d’analyse vibratoire intelligentes

Wormsensing lève 9,5 millions d'euros

Créée en 2020, la jeune société grenobloise Wormsensing, qui conçoit des capteurs de vibration sensibles et ultrasouple, annonce la clôture d’un tour de financement de série A de 9,5 millions d’euros.

L’opération a été menée par le fonds Orano Venture Fund (géré par Supernova Invest) avec la participation du fonds French Tech Seed (géré pour le compte de l’Etat par Bpifrance) et du Fonds Régional Avenir Industrie Auvergne-Rhône-Alpes avec les  investisseurs historiques de la socité, à savoir Innovacom, KBC Focus Fund et CEA Investissement.

Ce tour de table fait suite à une première levée de fonds réalisée par l’entreprise en 2022 (voir notre article).

Cette opération permettra, selon Wormsensing, la consolidation de son avance technologique, de monter dans la chaîne de valeur grâce aux services numériques associés à ses solutions et d’accélérer son développement commercial international.

« Notre production de capteurs est qualifiée, nos solutions de monitoring sont éprouvées et les utilisateurs de l’automobile et de l’aéronautique ont mesuré les gains sur le terrain, explique Jean-Sébastien Moulet, cofondateur et CEO de Wormsensing. Avec cette levée de fonds nous changeons maintenant d’échelle, et nous voulons faire de notre technologie Dragonfly un standard industriel, en enrichissant notre offre de monitoring et en partant à la conquête de marchés internationaux ».

Dans ce cadre Wormsensing indique que l’imprédictibilité des défaillances mécaniques coûte annuellement 450 milliards d’euros à l’industrie manufacturière à l’échelle mondiale. L’usure d’un outil, l’apparition de frottements ou la dérive d’un procédé commencent par de faibles déformations mécaniques qui affectent la production. Faute de capteurs capables de mesurer ces premiers signes au plus près de leur source, les équipes de production ne disposent pas des informations nécessaires pour anticiper un arrêt de production imprévu ou la fabrication de pièces défectueuses.

Pour rappel, spin-off du CEA-Leti, Wormsensing, créé par Jean-Sébastien Moulet et Lamine Benaissa, développe des capteurs de mesure de vibration alliant une grande sensibilité, une consommation énergétique très faible - grâce une technologie passive - ainsi que des caractéristiques spécifiques au niveau de l’intégration sur n’importe quel support, puisque le capteur s’inscrit dans un film électronique souple.

La société dispose de sa propre ligne de production, Hyperion, capable de produire en France jusqu’à deux millions de capteurs Dragonfly par an.

Cette technologie vise, selon ses concepteurs, à faciliter et multiplier le recours à la mesure vibratoire, et à élargir son périmètre d’usage vers des applications pour lesquelles le coût, l’intégrabilité et la performance des capteurs actuels constituent jusqu’ici un frein au développement.

Concrètement, le capteur piézoélectrique Dragonfly de Wormsensinbg se fixe directement sur la structure et mesure ses déformations dynamiques. Jusqu’à 1 000 fois plus sensible que des capteurs tradirtionnels, et sur une plage de fréquence large, il permet d’accéder à des phénomènes impossibles à observer avec les technologies conventionnelles.

Selon Wormsensing, ses solutions démontrent des gains opérationnels moyens de l’ordre de 100 000 euros par machine et par ann jusqu’à 250 % d’augmentation de la durée de vie des pièces d’usure, de 60 à 99 % de réduction des arrêts machines non planifiés, et de 50 à 99 % de réduction des rebuts et des reprises de pièces.