Plus de la moitié des avions seront équipés d’une connectivité à bord d’ici à 2024

Alors qu’en l’espace de six mois, AT&T a annoncé, puis annulé, sa décision de proposer aux compagnies d’aviation et à leurs passagers des services de connectivité 4G LTE à bord des avions, les perspectives à long terme ...du marché IFC (In-Flight Connectivity) restent excellentes. C’est tout du moins l’avis de la société d’analystes Valour Consultancy qui estime que 55% de la flotte commerciale active sera équipée d’une technologie Wi-Fi ou cellulaire d’ici à 2024 (soit près de 17 000 appareils), contre 19% cette année et 15% en 2013. On rappellera à cet égard que l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms en France, autorise depuis juillet 2014 l’utilisation dans l’espace aérien hexagonal de systèmes 2G et 4G dans la bande 1 800 MHz et 3G dans la bande 2 100 MHz dès lors que l’altitude de l'aéronef est supérieure à 3 000 mètres au-dessus du sol.

« Le marché IFC a longtemps été dominé par le réaménagement d’appareils existants, mais les fournisseurs de services font désormais des pieds et des mains pour que leurs solutions soient installées dans les avions sur les lignes de production, note Craig Foster, analyste senior chez Valour Consultancy. Panasonic Avionics et OnAir sont aujourd’hui les précurseurs de ce type de solutions. » 

Autre tendance forte du secteur : l'émergence de produits de connectivité dits « hybrides », basés à la fois sur des liaisons directes entre l’appareil et le sol et sur des liaisons par satellite. « Dans ce domaine, nous nous attendions à ce que la bande Ka devienne la technologie dominante. ajoute Craig Foster. Mais les solutions hybrides comme le service Gogo GTO (Ground-to-Orbit) et le futur réseau en bande S proposé par Inmarsat devraient se révéler populaires. » Alcatel-Lucent vient à ce titre de signer un accord de partenariat avec Inmarsat pour le développement d’un réseau de télécommunication intégré à l’échelle européenne dédié à la connectivité des passagers des avions.

Ce réseau, qui devrait entrer dans sa phase commerciale avant la fin 2016, s’appuiera sur un satellite en bande S (Europasat) construit par Thales Alenia Space et sur une infrastructure de communication au sol également en bande S (autour de 2 GHz), avec des antennes installées à 100 kilomètres les unes des autres. Alcatel-Lucent, qui interviendra plus spécifiquement sur le segment sol et sur les liaisons air-sol, s’emploiera à adapter la technologie de radiocommunication mobile LTE à la bande S. L’objectif étant pour Inmarsat d’offrir aux compagnies d’aviation des services de connectivité large bande pour leurs passagers à bord à des débits pouvant atteindre 75 Mbit/s.