Selon l’étude récente “The 2026 SDV Reality Check: The Great Recalibration” menée par la société d'étude de marché Omdia et soutenue par l’américain Sonatus (*), fournisseur de technologies fondées sur l’intelligence artificielle (IA) pour les véhicules définis par logiciel (software defined vehicle), les constructeurs automobiles ne cherchent plus seulement à monétiser directement les données des véhicules, mais à les transformer en leviers de création de valeur.
Des systèmes d’aide à la conduite jusqu'aux diagnostics avancés, en passant par la maintenance prédictive et de nouveaux services, la donnée devient le socle des véhicules intelligents, capables de s’améliorer en continu, selon les résultats de l’étude.
Ainsi, en France, la maintenance prédictive et proactive devient le principal levier de fidélisation des utilisateurs et des revenus après-vente, citée par 47 % des répondants (44 % au niveau mondial).
Cette tendance illustre la montée en puissance d’une IA dite “opérationnelle”, au service de la qualité des véhicules, de l’expérience utilisateur et de la réduction des coûts.
Dans ce cadre, les quatre prochaines années sont perçues, selon les répondants, comme une période charnière pour passer de véhicules simplement connectés à des véhicules évolutifs grâce aux logiciels.
Si 23 % des acteurs ont atteint ce niveau de maturité aujourd’hui, plus de la moitié (54 %) prévoient d’y parvenir d’ici 2030, signe d’une accélération rapide des capacités logicielles.
Contrairement à la tendance mondiale qui privilégie les usages internes de la donnée, l’écosystème français reste, selon l’étude, fortement orienté vers les revenus externes. 52 % des répondants français considèrent ainsi la monétisation des données - assurance à l’usage ou services V2X - comme une application à forte valeur.
Malgré cette dynamique, l’étude souligne aussi que les défis restent importants : 33 % des répondants identifient les systèmes existants, les processus et les modes de fonctionnement comme le principal obstacle au déploiement des véhicules définis par logiciel. L’enjeu n’est donc pas tant technologique qu’organisationnel, indique le document.
« Cette étude offre un éclairage précieux sur l’évolution des technologies embarquées dans l’automobile d’une année à l’autre, commente John Heinlein, Chief Marketing Officer de Sonatus. Les constructeurs voient un réel intérêt à renforcer les capacités de diagnostic, à réduire les coûts et à améliorer l’expérience de service. La maintenance prédictive s’impose ainsi comme un cas d’usage concret et prometteur, porté par l’évolution du secteur vers des architectures plus flexibles et pilotées par logiciel. »
L’étude met aussi en évidence des différences marquées selon les régions dans la manière dont les constructeurs envisagent de renforcer la fidélité client et les revenus après-vente dans les années à venir.
En Amérique du Nord, les constructeurs privilégient clairement les modèles de services et de revenus récurrents. La maintenance prédictive arrive en tête (48 %), suivie par la conduite automatisée et les services de divertissement embarqués (41 % chacun). À noter ici que le divertissement est le segment qui connaît la plus forte progression dans la région (+11 % en un an).
En Europe, les priorités sont globalement alignées avec celles de l’Amérique du Nord, la maintenance prédictive étant également identifiée comme le principal levier de fidélisation et de revenus (48 %). Toutefois, une analyse plus fine révèle un décalage entre ambition et mise en œuvre, notamment en Allemagne : si 47 % des acteurs la considèrent comme un moteur clé de revenus, seuls 18 % déclarent l’avoir effectivement déployée à ce stade, signe que le marché reste encore en phase de structuration.
Au Japon, la stratégie repose avant tout sur la qualité et la performance fonctionnelle. La conduite automatisée s’impose comme la priorité absolue (50 %, en hausse de 10 points par rapport à 2025), traduisant une confiance croissante dans son rôle en matière de sécurité. Le Japon se distingue également par l’importance accordée à la personnalisation de l’expérience de conduite (37 %), reflet d’une culture axée sur le confort et les sensations.
En Chine, marché le plus avancé en matière de déploiement des SDV, les stratégies évoluent rapidement. La monétisation traditionnelle des données recule fortement (-25 points en un an), au profit d’investissements massifs dans la conduite automatisée (54 %) et la personnalisation (53 %), afin de proposer des expériences différenciantes et visibles pour l’utilisateur.
Le rapport est accessible sur demande ici.
(*) Etude menée auprès de 559 professionnels de l’automobile dans sept marchés clés (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Japon et Chine) entre mars et avril 2026.
