Dans un récente étude intitulée “Smart Metering in Europe - 20th Edittion”, et publiée cet été, la société d’analyse de marché Berg Insight estime que les deux tiers des clients électricité de la zone Europe étaient d’ores et déjà équipés d'un compteur intelligent fin 2025, et prévoit une poursuite de la croissance jusqu'en 2031.
Selon Berg Insight, cette prochaine phase du marché sera façonnée non seulement par de nouveaux déploiements, mais aussi par des remplacements et des choix technologiques en matière de communication. Car selon la société, alors que dans certains pays les opérateurs d'énergie mènent encore leurs premiers déploiements de compteurs électriques à grande échelle, dans d'autres le débat porte déjà sur les appareils de deuxième génération, la modernisation des réseaux de communication et les enseignements opérationnels tirés des programmes précédents.
Avec cette grille de lecture, Berg Insight estime que la région comptait environ 209 millions de compteurs électriques intelligents installés fin 2025 et prévoit que le parc installé progressera à un taux de croissance annuel composé de 5,1 % pour atteindre un taux de pénétration de 85 % d'ici 2031 pour atteindre 360 million d’unités installées (électricité et gaz).
Ces prévisions impliquent un volume d'activité soutenu pour les fabricants de compteurs, les fournisseurs de modules de communication et les intégrateurs de systèmes, mais ne représentent pas une opportunité uniforme à travers l'Europe.
Berg Insight anticipe le déploiement de plus de 131 millions de compteurs électriques intelligents dans la région entre 2025 et 2031 avec une part importante de cette demande qui proviendra de projets de première génération dans des pays tels que l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne et la Grèce, tandis que les activités de remplacement et de déploiement de deuxième génération soutiendront les livraisons sur des marchés comme l'Espagne, la France et les Pays-Bas.

Selon Berg Insight, les compteurs d'électricité intelligents de première génération devraient représenter 65 % du volume total des livraisons cumulées sur la période de prévision. D'ici 2031, l'Europe centrale et orientale ainsi que l'Europe du Sud-Est devraient totaliser 76 % des livraisons européennes de compteurs de première génération.
Dans ce paysage, les projets de seconde génération s'appuient généralement sur des plateformes opérationnelles existantes et peuvent mettre davantage l'accent sur l'interopérabilité, la continuité avec l'infrastructure en place et la gestion des risques liés à la migration.
Concrètement, selon Berg Insight, les fournisseurs ne peuvent pas considérer l'Europe comme un marché homogène en matière de comptage intelligent. Les fabricants d'équipements d'origine (OEM) vendant des compteurs sur des marchés à faible taux de pénétration pourront par exemple être confrontés à des priorités différentes - en termes de coûts, de couverture et d’approvisionnement - par rapport aux fournisseurs opérant sur les marchés matures d'Europe de l’Ouest.
De même, selon Berg Insight, les intégrateurs de systèmes devront prendre en charge aussi bien des déploiements ex nihilo que des projets de migration, ces derniers étant privilégiés par les distributeurs soucieux d'éviter toute perturbation de leurs architectures de communication et de gestion back-office actuelles.
Dans ce contexte, Berg Insight signale que les solutions de connectivité sans fil autonomes gagnent en popularité et devraient représenter plus de 50 % du volume annuel des livraisons sur la majeure partie de la période de prévision, pour atteindre un pic d'environ 62 % en 2028.
Le cabinet identifie les technologies LPWA basées sur les normes 3GPP comme le principal moteur de cette croissance, prévoyant que les livraisons de compteurs d'électricité compatibles LTE-M et NB-IoT se situeront entre 2,4 et 6,1 millions d'unités sur la période 2025-2031.
Parallèlement, la communication par courants porteurs en ligne (PLC) restera importante, en particulier dans les grands pays préparant des déploiements de seconde génération censés s'appuyer sur les plateformes de communication existantes.
