Le français Greenspector, spécialiste en écoconception de logiciels, lève 300 000 euros

Greenspector

Le jeune éditeur nantais d’outils logiciels Greenspector, créé en 2010, annonce une levée de fonds à hauteur de 300 000 euros, via le soutien du fonds d'investissement breton Nestadio Capital. Objectif : accompagner la société ...dans la commercialisation de sa solution d'écoconception de logiciels qui s'adresse aux entreprises de services du numérique, aux acteurs de l'industrie du mobile et de l'objet connecté, ainsi qu'aux grands comptes qui achètent et produisent du logiciel à façon. « A ce jour, Greenspector est l'unique éditeur au monde à proposer une offre alliant outils statiques et dynamiques, dans un marché émergent sur lequel les grands acteurs mondiaux tels Intel, HP ou Microsoft commencent à se positionner », commente Thomas Corvaisier, directeur général de Greenspector en charge du développement commercial.

Avec ce soutien financier, Greenspector compte doubler ses effectifs, qui sont de 7 personnes actuellement, et dépasser le million d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2 ans, pour se développer sur le marché international à l'horizon 2018. Concrètement, la technologie de la jeune pousse cible les problèmes de  consommation électrique d’une application, directement liés à la manière dont le logiciel applicatif est codé (multiplication des lignes de codes, logiciels surdimensionnés…). Et ce grâce à un audit statique qui détecte les mauvaises pratiques de codage sur la base d'un référentiel de 150 règles d'efficience énergétique, couplé à une sonde de mesure dynamique qui analyse la consommation d'énergie en temps réel de l’application. Testée par des grands comptes tels Orange, la SNCF, La Poste ou Atos, la solution entre aujourd’hui en phase de commercialisation.

« L'Internet consommera autant d'électricité en 2030 que toute l'humanité en 2008, résume Thierry Leboucq, président et fondateur de la start-up nantaise. Pour optimiser les besoins en ressources des logiciels, l'outil Greenspector permet aux développeurs de contrôler et de réduire les besoins en énergie à la source, lors de l'écriture du code informatique. »

A noter que cette approche s’applique dès le codage d'un nouveau projet de développement mais également sur des logiciels existants, la solution s'intégrant dans les processus d'ingénierie logicielle classiques. Deux grands marchés sont visés, la gestion des centres de données et l’autonomie des appareils mobiles, y compris les objets connectés. « Pour l'un des utilisateurs de notre outil, nous avons ainsi réussi à faire passer l'autonomie d'un smartphone de 4 h à 11 h de batterie », précise Olivier Philippot, CTO de Greeenspector.

La start-up nantaise réalise pour l'heure un chiffre d'affaires de 210 000 euros, dans des missions de conseils et de formation. Pendant cinq ans, elle a financé sur fonds propres sa R&D en participant à plusieurs projets de recherche nationaux et européens sur l'efficience logicielle, pour arriver aujourd’hui à la commercialisation de sa solution.