ERTS 2016 s’intéresse de près à la place des systèmes embarqués dans l’automobile

ERTS 2016 s’intéresse de près à la place des systèmes embarqués dans l’automobile

Traditionnellement centré sur les problématiques des systèmes embarqués dans l’avionique, l’événement ERTS 2016, qui se tient à Toulouse du 27 au 29 janvier, poursuit dans cette nouvelle édition l’élargissement de son audience ...à d’autres secteurs d’activité. Là où la sûreté de fonctionnement, les certifications ou les méthodes de développement spécifiques (à base de modèles par exemple) revêtent une importance de plus en plus stratégique.

L’automobile est ainsi intéressée au premier chef. Dans une interview donnée aux organisateurs de l’événement, Alexandre Corjon, vice-président Ingénierie des systèmes chez Renault-Nissan, explique que « le secteur automobile est en train de vivre une véritable révolution avec l’arrivée prochaine de véhicules autonomes, connectés et électriques ». Or toutes ces transformations technologiques sont supportées et pilotées par les systèmes embarqués. Qu’il s’agisse des systèmes de freinage ou d’assistance évoluée au conducteur, des équipements de sureté́ active et passive, de la gestion des batteries, etc.

« Aujourd’hui, les systèmes embarqués représentent 20% de la valeur d’un véhicule et ce pourcentage va continuer d’augmenter jusqu’à 60% d’ici 2020, estime Alexandre Cojon. Une évolution croissante des systèmes embarqués appliqués à ce secteur est donc essentielle pour développer les véhicules de demain. » Conséquence, on assiste à l’heure actuelle à un passage des calculateurs traditionnels, qui servaient à piloter les tableaux de bord et le contrôle moteur avec peu de puissance et peu de mémoire, à des processeurs capables de gérer des systèmes multimédias sur écran (navigation, musique, vidéos).

« La tendance est donc à l’émergence d’un nouveau type de calculateur pour supporter le véhicule autonome qui pourra décider par lui-même sa trajectoire et sa façon de se comporter dans la circulation, commente Alexandre Cojon. Il va y parvenir grâce à des notions d’intelligence artificielle embarquées dans des calculateurs puissants pour lesquelles la sécurité́ et la fiabilité́ seront prioritaires. »

Le développement du véhicule autonome va dans un premier temps obliger l’ensemble des professionnels à certifier toutes les lois de contrôle qui permettront aux automobiles de se déplacer tout seul. Un autre enjeu va porter sur les données récoltées permettant d’améliorer la qualité́ des produits, d’optimiser le design et aussi d’introduire du sur-mesure dans le monde automobile. Ce qui à terme va impulser un changement profond de la relation entre le client et son véhicule.

« Il sera possible d’individualiser le véhicule avec des algorithmes d'apprentissage automatique permettant de réaliser une sorte de profil du conducteur pour in fine adapter le véhicule à ses besoins, précise Alexandre Corjon. A ce titre, on peut désormais parler avec ces évolutions de l’arrivée de l’Internet du véhicule ! »

Pour aborder concrètement ce sujet, le programme d’ERTS 2016 offre une série de conférences technologiques sur les thèmes de la programmation sur architectures multicœurs, de la conception de systèmes ADAS, de la problématique de la sécurité, des composants logiciels Autosar… L’intégralité de l’interview d’Alexandre Corjon est accessible ci-dessous et le programme complet des conférences ERTS 2016 est consultable ici.