Hors Microsoft, le marché des OS pour l’embarqué et l’IoT va progresser de près de 4% par an d’ici à 2022

[EDITION ABONNES] Les éditeurs de systèmes d’exploitation (OS) pour l’embarqué et l’Internet des objets (IoT) doivent dare-dare s’orienter vers des marchés critiques en termes de sûreté de fonctionnement au moment où les ventes d’OS génériques commercialisés sous licence sont bousculées par la concurrence croissante des offres gratuites. ...C’est tout du moins le conseil proféré dans la dernière étude en date de VDC sur un marché estimé en recul de 1,9% par an en moyenne (et en valeur) entre 2017 et 2022.

La société d’analystes reconnaît toutefois que cette régression est essentiellement due au déclin continu du chiffre d’affaires généré par les ventes de licences Windows du fait que Microsoft a arrêté le support de ses plates-formes embarquées historiques. Si l’on exclut l’éditeur américain, le marché, anticipe VDC, va croître à un taux annuel moyen modéré de 3,9% d’ici à 2022. Sur la période considérée, les éditeurs commerciaux vont continuer d’optimiser leurs portefeuilles pour répondre aux besoins en matière d’OS temps réel certifiés pour des marchés critiques comme l’aérospatial et la Défense, l’automobile, l’industriel et le médical, détaille VDC.

En volume, les ventes d’OS pour l’embarqué et l’IoT (y compris les OS libres et non commerciaux) devraient, quant à elles, progresser de 8,7% par an en moyenne d’ici à 2022, dopées en particulier par les OS temps réel pour unités de contrôle/commande électroniques (ECU) automobiles et les déploiements Linux dans des équipements aux ressources moins limitées.

Selon les ingénieurs et décisionnaires du secteur de l’embarqué interrogés par VDC, les critères de sélection d’un système d’exploitation ne varient guère. « Une interface de programmation familière », « l’existence d’un support technique fourni par l’éditeur » et « la disponibilité d’outils de développement » sont les plus cités pour le choix d’un OS à l’échelle d’une entreprise. Ce qui, selon la société d’études, laisse supposer que la rapidité de mise sur le marché d’un produit, la garantie d’une continuité de projet en projet et la capacité pour les équipes de développement de monter en puissance sur un projet avec le moins de friction possible sont des facteurs essentiels pour la sélection d’un système d’exploitation sur ce marché arrivé aujourd’hui à maturité.

VDC note toutefois une différence selon qu’il s’agisse de projets sur architecture x86 ou Arm. Ainsi, les ingénieurs travaillant sur des projets x86 vont s’orienter largement pour leurs prochains développements vers des systèmes d’exploitation open source fournis par une société commerciale ou obtenus auprès d’organismes industriels, tandis que ceux planchant sur des projets Arm vont converger autour d’OS open source gratuits ou disponibles dans le domaine public (voir tableau ci-dessous).

Ajoutons que VDC cite vingt-trois éditeurs dans son étude de marché publié en février 2019 : Amazon (qui préside désormais aux destinées de FreeRTOS), Arm, BlackBerry QNX, Canonical, Concurrent Real-Time, Enea, eSOL, Express Logic, Google, Green Hills Software, Lineo Solutions, Lynx Software, Mentor (Siemens), Micrium (Silicon Labs), Microsoft, MontaVista, Red Hat, Segger, Suse (Micro Focus), Sysgo (Thales), Timesys, Wind River et Wittenstein HIS.