Nanosatellites et Internet des objets : un duo (peut-être) promis au septième ciel[EDITION ABONNES] Les projets de services de connectivité satellitaire par nanosatellites pour l’Internet des objets continuent de se multiplier comme les petits pains aux noces de Cana. Au cours de la dernière année écoulée, plusieurs entreprises se sont ainsi positionnées sur la rampe de lancement, à l’instar du français Kinéis, qui souhaite proposer à l’horizon 2021 une connectivité IoT universelle à partir d’une nouvelle constellation constituée de 20 nanosatellites, ...de l’australien Myriota, du britannique Lacuna Space ou du suisse Astrocast.
La vocation de la constellation Astrocast, dont les dix premiers satellites opérationnels (sur les 64 prévus au total) devraient être mis sur orbite à 600 kilomètres de la Terre fin 2019 et début 2020, est d’offrir des communications bidirectionnelles bas débit haute performance, à faible latence et à faible coût dans la bande de fréquence L à des industries comme le secteur maritime, le secteur pétrolier et gazier, l’industrie minière et les chaînes d’approvisionnement et de logistique. Avec la volonté d’étendre la portée des applications IoT aux 90% du globe non actuellement desservis par les réseaux cellulaires terrestres et ce alors que les infrastructures LoRaWAN et Sigfox ne couvrent pour l’heure que 1% de la surface terrestre, détaille Astrocast.
On rappellera qu’Airbus et Astrocast ont conçu un circuit intégré spécifique (Asic) ainsi qu’un module bas coût et de petites dimensions, présenté comme le modem satellite le plus éco-efficace du moment pour les applications de l’Internet des objets. Une caractéristique qui permet d’envisager au sol des objets aptes à communiquer en bidirectionnel et alimentés sur batteries. Principe du projet de connectivité IoT par nanosatellites du néerlandais Hiber
Aux projets de constellations de nanosatellites précédemment cités, il faut ajouter aussi celui du néerlandais Hiber (ex-Magnitude Space). Cette société créée en 2016, qui a deux nanosatellites en orbite depuis novembre 2018 (et qui prévoit d’en lancer un troisième cette année en utilisant les services de Vector Launch, une entreprise fondée en 2016 et spécialisée dans l’envoi de petits satellites dans l’espace), a l’ambition d’en placer dans les cinq ans qui viennent 48 autour de la Terre à 600 kilomètres d’altitude. Le réseau de portée mondiale à basse consommation (LPGAN) Hiberband a vocation à offrir une connectivité à coût abordable à des capteurs et autres dispositifs IoT, quelle que soit leur localisation sur Terre. Du fait des spécificités du protocole Hiber, explique la société, les modems satellite associés resteront en mode sommeil la plupart du temps et ne passeront en mode actif qu’au moment du passage d’un satellite au-dessus de leur position (chaque modem étant capable de calculer le moment du réveil à partir des informations de la constellation). Une fois actifs, les modems resteront à l’écoute du satellite et, dès que ce dernier émettra un message prédéfini, ils pourront émettre sur une fréquence UHF de 400 MHz les données issues des capteurs vers ledit satellite (à concurrence d’un message de 144 octets par jour), ce dernier les stockant jusqu’à ce qu’il soit en vue d’une station terrestre (voir illustration ci-dessus). Selon Hiber, qui envisage un coût de quelques euros par objet et par année pour ce service de messagerie quotidien, ce mode de fonctionnement garantit une consommation de 5 à 15 fois inférieure à celles typiquement rencontrées sur des réseaux de diffusion directe par satellite et sensiblement similaire à celles des technologies LPWAN terrestres comme Sigfox, LoRa ou NB-IoT. A noter que la constellation Hiberband devrait aussi pouvoir s’interconnecter avec les satellites de la constellation Iridium Next, désormais tous en orbite à quelque 780 kilomètres de la Terre (lire notre article ici). Iridium Communications a en effet conclu en 2017 un protocole d’entente (MoU) avec la société Hiber. A suivre donc. |