Bosch place l’intelligence artificielle au cœur de ses activités liées aux techniques des énergies et des bâtiments

[EDITION ABONNES] « Dans dix ans, tous les produits électroniques Bosch intégreront directement de l’intelligence artificielle ou auront été développés et fabriqués avec l’aide de l’intelligence artificielle ». C’est en ces termes que Stefan Hartung, membre du comité de direction du groupe allemand responsable des techniques pour les énergies et les bâtiments, résume la stratégie d’investissement de Bosch dans l’IA. ...Une stratégie qui va se concrétiser par l’injection d’ici à 2021 de 300 millions d’euros dans le Centre Bosch pour l’intelligence artificielle (BCAI) qui devrait voir son effectif passer de 170 experts aujourd’hui à plus de 400 dans les années qui viennent.

Selon la firme d’outre-Rhin, ces spécialistes sont déjà impliqués dans quelque 80 projets de développement qui couvrent des domaines aussi divers que la conduite automatisée ou les applications pour la médecine et la production industrielle dans le cadre généralement de coopérations avec des partenaires académiques comme les universités de Tübingen, de Stuttgart et d’Amsterdam.

Quand on évoque les techniques pour les énergies et les bâtiments et les bénéfices apportés par la connectivité et l’IA, Bosch cite la sécurité, l’efficacité et la simplicité d’usage. Et le groupe allemand de donner l’exemple des caméras qui mettent à profit l’analyse évoluée d’image pour repérer en quelques secondes des départs de feux et ce de manière beaucoup plus rapide et efficace que les traditionnels détecteurs de fumée. De fait, bien avant que la fumée n’atteigne le plafond, une alarme peut être déclenchée, les quelques secondes ainsi gagnées pouvant réduire les dégâts occasionnés et éventuellement sauver des vies.

L’année dernière, les activités de Bosch liées aux techniques des énergies et des bâtiments ont réussi à générer les ventes de 13 millions de produits pouvant être reliés au Web, des systèmes de ventilation, de chauffage et de climatisation connectés jusqu'aux applications pour la maison intelligente. « L’Internet des objets constitue et restera la force motrice de nos activités, assène Stefan Hartung qui table sur un chiffre d’affaires 2018 de l’ordre de 5,5 milliards d’euros pour les activités dont il est en charge, en progression de 2% par rapport à l’année précédente (+6% en tenant compte de la variation des taux de change). Avec l’aide de l’intelligence artificielle, tous ces produits deviendront des assistants virtuels intelligents. »

Plates-formes et partenariats sont également au cœur de la stratégie de Bosch. « Nous devons tout faire pour que les produits et services proposés par les multiples équipementiers officiant dans ce monde interconnecté puissent se comprendre et interopérer », précise Stefan Hartung. Dans ce cadre, Bosch a créé il y a quelques semaines une start-up du nom de SAST (Security and Safety Things) dont l’ambition est de développer la première plate-forme IoT ouverte pour applications de caméras de sécurité. Selon le groupe allemand, ce système d’exploitation pourra programmer et contrôler les applications de différents types de caméras issues de fabricants divers et variés. Leurs mises à jour notamment n’exigeront qu’une seule version plutôt qu’une multitude de variantes logicielles. « Avec cet OS standardisé et ouvert, SAST ambitionne ni plus ni moins de créer une place de marché mondiale pour les applications de caméras de sécurité », assure Stefan Hartung qui, au 1er janvier 2019 cédera sa place à Christian Fischer à la tête de l’activité Techniques des énergies et des bâtiments de Bosch.