Des débits supérieurs à 1 Gbit/s sont à la portée de la paire de cuivre téléphonique

[EDITION ABONNES] En laboratoire, il est déjà possible de transférer des débits de plus de 5 Gbit/s sur les quelques dizaines de mètres de fils de cuivre téléphoniques traditionnels qui constituent encore l’extrémité des réseaux d’accès télécoms dans de nombreuses zones géographiques. ...

Dévoilée pour la première fois en 2014 par les laboratoires d’Alcatel-Lucent et présentée comme une évolution du standard G.fast de l’UIT, la technologie XG-Fast laisse entrevoir la possibilité de transférer des débits de plus de 10 Gbit/s sur les quelques dizaines de mètres de fils de cuivre téléphoniques traditionnels qui constituent encore l’extrémité des réseaux d’accès télécoms dans de nombreuses zones géographiques. Maintenant qu’Alcatel-Lucent est passé sous la coupe de Nokia, l’équipementier finlandais ne lâche pas l’affaire.

Courant octobre, Nokia et l’opérateur australien nbn ont ainsi annoncé avoir mené avec succès des essais de la technologie XG-Fast qui ont permis d’atteindre un débit de 8 Gbit/s dans des conditions de laboratoire. Une démonstration qui avait vocation à prouver la capacité du XG-Fast à répondre aux besoins futurs de nbn qui souhaite offrir des services Internet à très haut débit sur l’infrastructure de cuivre déjà déployée. A noter que la technologie élaborée par les Bell Labs de Nokia utilise une bande passante de 500 MHz, là où l’actuel G.fast, tout du moins dans sa première version, se limite à 106 MHz pour transmettre des données à des débits pouvant atteindre 500 Mbit/s sur une distance de 100 mètres. On notera à cet égard que l’équipementier finlandais assure être partie prenante dans plus de 40 projets pilotes et déploiements G.fast dans le monde dont les réseaux déjà exploités commercialement de BT Openreach, Chunghwa Telecom, Telekom Austria et Energia.

Dans le détail, les essais XG-Fast menés dans les laboratoires de nbn au nord de Sydney ont permis d’atteindre un débit crête cumulé de plus de 8 Gbit/s sur trente mètres d’un câble de paires torsadées typiquement utilisé dans les déploiements sur le terrain. Un débit de 5 Gbit/s a également pu être véhiculé sur une distance de soixante-dix mètres. « Bien que la technologie XG-Fast en soit encore dans les toutes premières étapes de développement, les démonstrations effectuées en laboratoire prouvent déjà son énorme potentiel, a souligné Dennis Steiger, directeur technique de nbn. Elle va nous permettre d’offrir du multigigabit sur des paires téléphoniques en cuivre, à l’instar de ce que peut proposer aujourd’hui la fibre optique, mais à un coût plus faible et pour un temps de déploiement beaucoup plus court. »

L’opérateur australien est en fait le troisième opérateur à effectuer des tests XG-Fast en laboratoire après le britannique BT en 2015 et l’allemand Deutsche Telekom en février dernier. Avec Deutsche Telekom, Nokia a notamment pu prouver qu’il était possible avec la technologie XG-Fast de transférer jusqu’à 11 Gbit/s sur deux paires de cuivre torsadée d’un câble de catégorie 6 avec une technique dite de « fusion » (bonding) et ce sur une longueur de 50 mètres. Un débit ramené à 8 Gbit/s avec un câble standard traditionnellement utilisé dans les applications « fiber-to-the-front door ». A titre de comparaison, le réseau télécoms filaire actuel de Deutsche Telekom, qui s’appuie sur les technologies FTTH (Fiber-to-the-Home) et de vectorisation VDSL2, offre des accès aux abonnés à des débits qui ne dépassent pas 100 Mbit/s.

« Nous avons la volonté de pousser la technologie dans ses dernières extrémités, a précisé de son côté Federico Guillen, président de l’activité Réseaux fixes de Nokia. L’idée étant à terme de réussir à transporter un débit de 2 Gbit/s voire plus sur une centaine de mètres afin de couvrir des immeubles entiers et des lotissements résidentiels sans qu’il y ait nécessité de poser de nouveaux câblages. » A suivre donc !