Les modules IoT Artik de Samsung s’offrent un environnement de développement dans le cloud

[EDITION ABONNES] Les concepteurs d’objets et d’équipements connectés qui utilisent les modules embarqués clés en main Artik de Samsung peuvent dès aujourd’hui bâtir des applications pour leurs produits (et les gérer) à travers un environnement de développement intégré open source, accessible en ligne dans le cloud via un simple navigateur ! ...

A l’occasion de la Samsung Developer Conference, qui s’est tenue fin avril à San Francisco, le géant coréen n’a pas été avare d’annonces autour de son environnement de bout en bout Artik dont le but ultime est de simplifier la mise au point d’objets et d’équipements connectés. Un environnement basé, d’un côté, sur un jeu de modules embarqués (avec processeur, interfaces radio, piles logicielles ad hoc) dévoilés il y a déjà un an et, de l’autre, sur une plate-forme d’échange de données « ouverte » du nom d’Artik Cloud, annoncée officiellement le 27 avril dernier. Le développement logiciel proprement dit n’a pas été oublié puisque la société Codenvy, spécialiste des outils d’automatisation de l’espace de travail, a profité de l’événement pour annoncer la version bêta de l’IDE Samsung Artik, présenté comme le premier environnement de développement intégré open source dans le cloud qui soit dédié à la mise au point d’applications IoT et basé sur Eclipse Che.

Publié en mars dernier et déjà téléchargé plus de 100 000 fois, Eclipse Che est un IDE accessible en ligne à partir d’un navigateur Web standard qui se présente sous la forme de services REST et d’un client JavaScript. Issu de contribution de sociétés comme SAP, IBM, Microsoft, SmartBear, Red Hat, Samsung et Codenvy, il permet en pratique aux développeurs de s’affranchir de l’installation et de la configuration d’un environnement de développement. Che dispose en outre d’outils transverses comme Git et Docker grâce auxquels les utilisateurs peuvent retrouver un IDE complet pour développer, déboguer, lancer, tester et profiler des applications.

 

 

Codenvy garantit par ailleurs la sauvegarde de l’environnement de travail dans le cloud, ce qui le rend accessible depuis n’importe quelle plate-forme disposant d’un navigateur Web à l’instar d’un PC, d’un Mac, d’une tablette, d’un smartphone voire d’une plate-forme embarquée cible ! Du coup, l’IDE Samsung Artik peut s’utiliser pour écrire du code dans différents langages comme Java, JavaScript ou Python mais aussi en C ou en C++. L’environnement dispose aussi de fonctionnalités de découverte et d’administration à distance d’appareils en réseau permettant de gérer l’intégralité du cycle de vie d’une application s’exécutant sur un « objet » qui intègre un module Artik. « L’écosystème Samsung Artik a désormais ouvert ses portes à la large communauté bâtie autour des environnements de développement Eclipse », a commenté Tyler Jewell, en charge du projet open source Eclipse Che et CEO de Codenvy.

Trois types de modules Artik

Pour rappel, la famille de modules Artik, dont les kits de prototypage associés peuvent aujourd’hui être commandés auprès du distributeur de composants et sous-systèmes électroniques Digi-Key, se décline en trois modèles dont les diverses fonctionnalités répondent à différents besoins, des dispositifs électroniques portés sur soi aux systèmes domotiques en passant par l’éclairage intelligent et les équipements industriels.

Elément le plus compact de la gamme, le module Artik 1 se distingue par des dimensions de seulement 12 x 12 mm. Le produit s’articule autour d’un processeur à double cœur Mips32 microAptiv, l’un cadencé à 250 MHz, l’autre bridé à 80 MHz (pour limiter la consommation), embarquant également 1 Mo de mémoire interne. On trouve également sur l’Artik 1 un circuit Bluetooth Low Energy avec son antenne, 4 Mo de flash SPI et un capteur de mouvement à neuf axes.

Mesurant 29 x 25 mm, le module Artik 5, de son côté, héberge un processeur à double cœur ARM Cortex-A7 cadencé à 1 GHz avec unité graphique Mali 400 MP2 et codec vidéo, qui intègre aussi 512 Mo de mémoire LPDDR3 et emporte, via la technologie ePoP (Package-on-Package) de Samsung, une mémoire eMMC de 4 Go. A bord, se côtoient également un circuit Wi-Fi/Bluetooth et un circuit ZigBee/Thread. Le Coréen destine ce module aux dispositifs portés sur soi haut de gamme, aux drones et aux passerelles domotiques.

Enfin, en tête de gondole, l’Artik 10 de 29 x 39 mm (photo ci-dessus) cible les applications IoT qui nécessitent en local une forte capacité de traitement et de stockage. A ce titre, le processeur du module intègre quatre cœurs Cortex-A15 à 1,3 GHz, quatre cœurs Cortex-A7 à 1 GHz, une unité graphique Mali T628 MP6, un codec vidéo 1080p et 2 Go de RAM LPDDR3 (empilés sur ce même processeur). Tout comme le modèle Artik 5, l’Artik 10 emporte un circuit Wi-Fi/Bluetooth et un circuit ZigBee/Thread auxquels s’ajoute une mémoire eMMC de 16 Go. Marchés visés : les serveurs résidentiels, les applications multimédias et les équipements industriels.

La sécurité, pas oubliée par Samsung

On notera que tous les modules Artik embarquent un élément sécurisé (SE) « matériel » qui, selon Samsung, va au-delà de ce que peuvent apporter les solutions de cryptage purement logicielles, ainsi qu’un environnement d’exécution de confiance TEE fourni par la société Trustonic, créée en 2012 par ARM, Gemalto et Giesecke & Devrient. Ce TEE est censé assurer le traitement et le stockage sécurisés de données sensibles et permettre aux utilisateurs et aux services de confiance d’installer de nouvelles applications dans les objets et capteurs compatibles Artik déjà déployés sur le terrain.

L’élément sécurisé, pour sa part, rend les modules aptes à exécuter un logiciel d’amorçage (boot) sécurisé une fois que l’image de ce boot a été authentifiée. C’est également lui qui gère les communications sécurisées et les clés de chiffrement. A cet égard, on notera que ce sont les solutions cryptographiques de Thales qui prennent en charge la génération, la vérification, la signature et la gestion desdites clés. Enfin, l’élément sécurisé des modules Artik exécute un système de détection d’anomalies basé sur une méthode d’apprentissage automatique. L’utilisateur aurait ainsi la capacité d’identifier des comportements anormaux afin de détecter les éventuels piratages ou intrusions malveillantes.