La vénérable architecture de systèmes en châssis VME a encore de beaux jours devant elle
[EDITION ABONNES] Alors qu’IDT a mis un terme définitif à la commercialisation d’un circuit jugé indispensable aux calculateurs lames pour châssis VME, les fabricants de cartes embarquées VME se sont mobilisés pour rassurer les équipementiers quant à l’avenir d’une architecture qui fête cette année ses 35 ans et qui reste encore très utilisée sur les marchés de l’industriel et du mil/aéro. ...
La décision d’IDT de mettre un terme définitif à la commercialisation du circuit pont VME TSI148 (*) a laissé dubitatifs bon nombre d’équipementiers qui continuent d’utiliser la bonne vieille architecture en châssis VME qui fête en 2016 son trente-cinquième anniversaire ! De fait le circuit d’IDT constituait jusqu’il y a peu de temps une brique indispensable des calculateurs lames VME. C’était ce composant qui faisait traditionnellement l’interface entre, d’une part, les processeurs et périphériques PCI Express présents sur les cartes de génération récente et, d’autre part, le bus VME en fond de panier. Garantissant de ce fait la compatibilité avec tout l’historique des systèmes VME encore mis en oeuvre par des applications critiques typiquement rencontrées dans les secteurs de l’industriel, de la Défense ou de l’aérospatial…
Les dernières annonces de plusieurs fabricants de calculateurs lames présents sur le marché VME ont néanmoins dû rassurer tous les équipementiers qui souhaitent assurer une longue vie à leurs systèmes en châssis. La division Defense Solutions de l’américain Curtiss-Wright vient ainsi de dévoiler sa parade contre l’obsolescence (et la fin de vie du circuit IDT TSI148) avec sa solution d’interface PCI Express/VME64x Helix. Bâti sur un FPGA Artix-7 de Xilinx, Helix est censé fournir toutes les fonctionnalités présentes dans le circuit d’IDT avec notamment le support du bus PCI Express Gen2, du jeu complet des différents types de transactions VME (SLT, BLT, MBLT, 2eVME et 2eSST), du mode de diffusion 2eSST, de la permutation d’octets (byte swapping) assistée par silicium, etc.
Curtiss-Wright, qui garantit la disponibilité de sa solution sur plusieurs années, compte l’intégrer sur toutes ses nouvelles cartes VME et notamment sur le tout récent calculateur lame 6U à architecture Power SVME/DMV-196 bâti sur le processeur quadricœur AltiVec T2080 de NXP. Le constructeur américain va aussi porter Helix sur des versions mises à jour de certains de ses produits VME phares comme la carte VME-194, également sur architecture Power, ou la carte VME-1908 articulée autour d’un Intel Core i7 de 4e génération. Un moyen d’assurer aux utilisateurs de ces calculateurs lames que ceux-ci seront encore disponibles pendant de nombreuses années.
Du côté d’Abaco Systems (ex-GE Intelligent Plaforms), on entonne peu ou prou le même refrain. Sauf qu’ici, la solution ne s’appelle pas Helix mais Vivo, également basée sur un FPGA. « La plupart de nos clients ont investi massivement dans les systèmes VME et ce sont souvent des équipements complexes qui sont déployés dans des environnements critiques, commente Chris Lever, vice-président Product Management pour la société américaine. Pour eux, il est totalement impensable de migrer vers une architecture alternative. Grâce à Vivo, ils ont l’assurance qu’ils pourront pendant encore longtemps créer, maintenir et mettre à jour leurs équipements VME. » Et ce d’autant qu’Abaco assure être maître de la propriété intellectuelle au cœur de sa solution et que celle-ci sera intégrée dans les prochaines générations de calculateurs lames VME à architectures Power et Intel de l’Américain.
Parmi les autres sociétés à avoir annoncé des parades à l’obsolescence des systèmes VME menacés par l’arrêt de la commercialisation du circuit IDT TSI148, on citera aussi l’américain Extreme Engineering Solutions (X-ES) avec, lui aussi, un pont VME basé sur un FPGA Artix-7, déjà implémenté sur plusieurs cartes VME 6U récemment dévoilées par la société et offrant certains fonctions absentes dans le circuit d’IDT comme le support de 4 liens PCI Express 2.0 vers le processeur hôte et la présence d’un tampon DMA vers une mémoire SDram DDR3 externe. Le FPGA Artix-7, qui est apte à gérer tous les modes de transfert du VME (du VME32 ou 2eSST320) est ainsi présent sur les lames XCalibur1931 et XCalibur1930 architecturées autour du processeur de communication QorIQ T2080 de NXP. On le trouve aussi sur la carte XCalibur4531 bâtie autour d’un Core i7 de 5e génération ainsi que sur la carte porteuse VME64x XChange4003 qui facilite la connexion de mezzanines PMC et XMC au bus VME.
(*) Ce circuit est tombé dans l’escarcelle d’IDT suite au rachat de la société canadienne Tundra Semiconductor en 2009.