Technologies radio longue portée et basse conso pour l’Internet des objets : l’offre explose (1ère partie)[EDITION ABONNES] Alors que Sigfox gère depuis 2012 un réseau radio longue portée et basse consommation dédié à la connexion d’objets connectés et que 2016 verra le déploiement à grande échelle des premiers réseaux publics LoRa (chez Orange et Bouygues Telecom notamment), le catalogue des technologies LPWA (Low Power Wide Area) continue de s’étoffer. Revue des dernières propositions entrées en lice. (Première partie d’un article en deux volets) ... Le catalogue des technologies radio longue portée et basse consommation LPWAN (Low Power Wide Area) conçues spécifiquement pour les marchés des communications de machine à machine et de l’Internet des objets, n’en finit pas de s’étoffer. Alors que les procédés d’origine française Sigfox et LoRa dominent le marché LPWAN européen et que l’opérateur américain Ingenu, fort de sa propre technologie RPMA (Random Phase Multiple Acces), vient de lancer aux Etats-Unis un réseau public focalisé sur les applications M2M et IoT, de nouveaux concurrents potentiels pointent leur nez. Il faut dire que le marché a de quoi aiguiser les appétits. Selon la société d’études Machina Research, avec un nombre de connexions estimé à 3,8 milliards, les systèmes LPWA domineront en 2024 le marché de la connectivité radio longue portée pour applications M2M…
Ainsi, en décembre 2015, le groupement Weightless, qui s’est donné pour objectif de développer des standards ouverts applicables aux réseaux LPWAN, a publié la spécification Weightless-P. L’annonce fait suite à l’arrivée de la société franco-taiwanaise M2Communication (M2Comm), à l’origine d’un procédé de communication original, dans les rangs de l’organisme industriel emmené par Accenture et ARM. La spécification Weightless-P, qui se caractérise par des capacités bidirectionnelles dans les bandes 169, 433, 470-510, 780, 868, 915 et 923 MHz pour une largeur de canal de 12,5 kHz, est censée garantir un haut niveau de qualité de service à des débits adaptatifs compris entre 200 bit/s et 100 kbit/s. Et ce afin de coller aux besoins des applications industrielles les plus contraignantes. Selon l’organisme Weightless, la spécification Weightless-P offre une capacité dans le sens montant (objet vers infrastructure) plus élevée que les technologies LPWAN existantes pour des charges utiles de taille courte ou moyenne. L’organisme promet par ailleurs des consommations inférieures à 100 µW en mode veille (à comparer aux 3 mW minimum pour les meilleures technologies cellulaires) et un niveau de prix similaire à celui avancé par les solutions LPWAN actuelles. La spécification Weightless-P est également utilisable en option dans des bandes de fréquences sous licence. Le Weightless-P... après le W et le N ! On se rappellera que le groupement Weightless avait déjà publié deux spécifications pour communications sans fil dédiées aux marchés du M2M et de l’Internet des objets. En 2013, l’organisme avait diffusé sous le nom de Weightless-W un premier standard ouvert mettant à profit les canaux TV laissés vacants dans le spectre UHF (les fameux « white spaces »). La spécification Weightless-N, inspirée d’une proposition de la jeune pousse britannique NWave Technologies et publiée début 2015, définit, quant à elle, un procédé de communication radio LPWA basé sur la modulation à bande ultra-étroite UNB (Ultra Narrow Band), un type de modulation également mis à profit par le français Sigfox (alors que le procédé LoRa s’appuie, lui, sur l’étalement de spectre).
La modulation UNB, c’est aussi la technologie que l’on retrouve au cœur du système radio LPWAN du britannique Telensa, une société qui était restée jusqu’ici assez discrète mais qui est apparue sur les radars mi-janvier en révélant avoir réussi à lever 18 millions de dollars pour soutenir sa progression sur le marché de la ville intelligente. Une manne financière apportée par le fonds d’investissement Environmental Technologies et la branche londonienne de Silicon Valley Bank. Telensa fournit aujourd’hui essentiellement des réseaux sans fil de contrôle/commande de l’éclairage urbain à LED et estime avoir déjà déployé une cinquantaine de réseaux dans huit pays différents dont l’Australie, le Brésil, la Chine, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie. Mais ses infrastructures UNB sont également utilisables pour des applications de surveillance de la pollution atmosphérique ou de stationnement automobile « intelligent ». « Nos réseaux ont déjà prouvé leur viabilité d’un point de vue commercial et nos applications sont vendues dans le cadre d’un modèle économique rentable, assure Will Gibson, CEO de Telensa. Cet investissement de 18 millions de dollars est une reconnaissance de notre succès. »
(source : Telensa) On notera que la société britannique, créée en 2005, est, aux côtés d’Accenture, Arkessa (un fournisseur britannique de plates-formes M2M), BT, Cisco et WSN Tech, l’un des membres fondateurs du Wireless IoT Forum. Un organisme dont l’objectif est de doper le déploiement de l’Internet des objets à l’échelle mondiale en évitant la fragmentation du marché qui est en train de poindre à l’horizon et en promouvant des standards ouverts pour réseaux radio M2M longue portée déployés dans des bandes de fréquences accessibles avec ou sans licence. Le Wireless IoT Forum semble aujourd'hui favoriser une interopérabilité au niveau des couches hautes de communication, l’idée étant de créer une plate-forme commune pour API, transactions, mécanismes de sécurité et logiciels d’analyse de données qui serait neutre vis-à-vis des technologies d’accès sous-jacentes. Un moyen comme un autre d’assurer aux entreprises que tel ou tel choix de technologie LPWA ne les conduira pas vers une impasse… Lire la suite de cet article ici.
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