CAILabs pulvérise les limites actuelles des infrastructures de transport optiquesLa jeune société française CAILabs a développé une technologie de rupture qui vise, pour un coût raisonnable, à multiplexer spatialement différents flux lumineux dans une fibre optique afin d’en augmenter la capacité de transmission. Une approche qui devrait permettre de répondre à l’augmentation irrépressible du trafic télécoms et Internet. ...
La technologie qui est au cœur des produits de CAILabs a été découverte lors de travaux de recherche en optique quantique menés au laboratoire Kastler Brossel. Et c’est désormais la jeune société française qui en détient une licence exclusive pour l’exploiter dans des produits commerciaux. Brevetée en 2010, la technologie repose sur la combinaison et la séparation purement optique de flux lumineux aux deux extrémités d’une fibre faiblement multimode (Few-Mode Fiber), une fibre dont le cœur est d’un diamètre légèrement plus grand que celui des fibres monomodes traditionnellement utilisées dans les infrastructures télécoms longue distance. Compatible avec le multiplexage en longueur d'onde « Le procédé, qui reste compatible avec le multiplexage en longueur d’onde, permet de manipuler, via des lames de phase, la forme de la lumière pour multiplexer spatialement les différents flux lumineux dans la fibre optique et augmenter d’autant la capacité de transmission, précise Jean-François Morizur. Ces lames de phase sont en fait des surfaces structurées sur verre ou sur quartz dont les caractéristiques sont calculées selon un formalisme dérivé de l’optique quantique. » Un premier prototype a été validé dès 2013 par les Bell Labs d’Alcatel-Lucent qui étudie aussi la possibilité d’intégrer à terme la solution de CAILabs dans de futurs produits.
Des déploiements de fibres faiblement multimodes à prévoir On l’aura compris, le déploiement de multiplexeurs spatiaux sur le terrain passera par la pose simultanée de nouvelles générations de fibres optiques (faiblement multimodes donc). « Les équipementiers et les opérateurs anticipent aujourd’hui qu’il leur faut probablement investir dans les infrastructures pour répondre à l’explosion du trafic, note Jean-François Morizur. Dans ce cadre, nous discutons en ce moment-même avec les principaux acteurs du secteur ainsi qu’avec les fabricants de fibres optiques. Nous pensons que le déploiement de multiplexeurs spatiaux se généralisera à l’horizon 2020. » En attendant, la jeune société française, dont l’effectif basé à Rennes est de six personnes, compte étoffer à terme ses équipes de R&D et de business development. « Il semble exclu que nous puissions vendre un équipement tel quel aux opérateurs ; il nous faudra forcément les accompagner jusqu’au déploiement », prédit le cofondateur de CAILabs. |