Univity réussit une connexion 5G NTN en fréquences millimétriques (mmWave) depuis l’espace. Une premièreLa société française Univity (anciennement Constellation Technologies & Operations) qui développe une constellation de satellites permettant aux opérateurs télécoms d’offrir un accès internet haut débit et faible latence depuis l’espace, en complément des réseaux terrestres, annonce ce jour le succès d’uniSpark, sa première mission de démonstration technologique en orbite très basse (environ 375 km). Lancé en juin 2025, uniSpark dont la charge utile a été assemblée dans les locaux de la société D-Orbit, a permit d’établir une connexion 5G NTN (Non Terrestrial Network) bidirectionnelle entre un terminal au sol et une station de base 5G embarquée en orbite. Une première selon la société. Dans le détail il s’agit ici d'une démonstration en orbite combinant un traitement 5G "régénératif" (*) embarqué, une liaison en fréquences millimétriques (mmWave) et un fonctionnement en mode TDD (Time Division Duplexing). Une avancée qui valide, selon la société, plusieurs briques critiques de sa future infrastructure spatiale dont l’ambition est de permettre aux opérateurs télécoms d’étendre leurs réseaux depuis l’espace tout en gardant le contrôle de leurs infrastructures. « Avec uniSpark, nous passons de la promesse technologique à la preuve en orbite, explique Charles Delfieux, fondateur et CEO d’Univity. Nous avons démontré notre capacité à faire fonctionner les technologies issues de la 5G terrestre en bandes millimétriques dans un environnement spatial réel, une étape décisive vers notre ambition : développer, aux côtés des opérateurs télécoms, une infrastructure spatiale qui leur permette d’étendre leurs réseaux au-delà des limites du sol.»
Après le lancement de la charge utile en juin 2025, la campagne de test menée depuis lors a permis de valider étapes par étapes les bons fonctionnements des différents éléments du système, pour finalement arriver à l’objectif de la démonstration. A savoir disposer d’un terminal sol synchronisé et enregistré comme un terminal 5G dans le réseau uniSpark. Cette connexion avec un cœur de réseau 5G standard s’appuie sur un protocole similaire à celui des réseaux 5G Time Division Duplexing (TDD) terrestres opérant en bande millimétrique (mmWave). Selon Univity, ces résultats marquent un changement d’échelle dans l’idée de faire fonctionner la 5G à vitesse orbitale. A savoir, établir une telle connexion avec une station de base située à plusieurs centaines de kilomètres d’altitude et se déplaçant à vitesse orbital, des contraintes très différentes de celles d’un réseau terrestre. La distance entre uniSpark et le terminal au sol évolue en permanence, avec la nécessité de mettre en place des mécanismes supplémentaires pour compenser délai de propagation et l’effet Doppler notamment. Le fonctionnement en TDD ajoute quant à lui une difficulté supplémentaire, indique Univity. Il s’agit ici de synchroniser avec une très grande précision en temps et en fréquence les équipements au sol et dans l’espace en vue de permettre l’alternance entre émission et réception. Les campagnes successives ont permis d’ajuster ces différents mécanismes, de synchroniser les équipements et d’affiner la chaîne radio jusqu’à l’établissement de la connexion complète bidirectionnelle. Dans ce cadre, le choix du TDD en bande millimétrique (mmWave) est au cœur de l’approche technologique d’Univity, indique la société. Qui explique que contrairement à une architecture classique de type Frequency Division Duplexing (FDD) qui utilise généralement deux ressources spectrales distinctes pour l’émission et la réception, le TDD permet de partager dans le temps une même ressource spectrale entre les communications montantes et descendantes. Une caractéristique jugée stratégique puisque les bandes 5G millimétriques utilisées par les opérateurs télécoms terrestres classiques fonctionnent précisément en TDD. « Au-delà de la performance de la liaison elle-même, cette démonstration confirme la possibilité de construire une infrastructure satellitaire s’appuyant sur les technologies et les développements issus de la 5G terrestre, plutôt que de recréer un écosystème totalement distinct », précise Laurent Bouscary, le CTO d’Univity.
En parallèle, avec le support du CNES dans le cadre France 2030, Univity indique aussi quel al société développe uniShape, composé de deux satellites de démonstration représentatifs de l’architecture de sa future constellation. uniShape permettra d’aller plus loin dans la validation des performances de connectivité, de l’architecture système et d’un service 5G NTN de bout en bout, avant le passage à l’industrialisation. La trajectoire d’Univity se dessine ainsi en trois étapes : uniSpark qui a permis de valider les briques technologiques critiques ; uniShape qui les intègre au sein d’un système représentatif de l’architecture cible ; et uniSky qui portera l’industrialisation et le déploiement de la future constellation commerciale. Forte de 68 millions d'euros levés depuis sa création et de 60 salariés installés à Paris et Toulouse, Univity vise la mise en place d’une constellation de 3 400 satellites en orbite basse pour les opérateurs télécoms. Deux premiers satellites doivent être lancés début 2028, avant un démarrage commercial envisagé en 2029. (*) La 5G "régénérative" consiste à traiter le signal 5G à bord du satellite - décodage des données, correction des erreurs et enlèvement du bruit parasite. A la suite de ces opérations le système réémet un signal propre, comme le ferait une antenne relais posée sur le sol, ce qui permet de limiter la complexité d'un réseau de télécommunication. Une approche qui nécessite d'embarquer une puissance de calcul importante à bord du satellite. |