IoT satellitaire : OQ Technology et Telefonica testent des liaisons directes vers des objets standards via le spectre mobile terrestreLa société luxembourgeoise OQ Technology, opérateur de satellites focalisé sur le marché de l’Internet des objets (IoT), et promoteur d'une technologie de connexion directe D2D (Direct to Device), et l’opérateur de télécommunication Telefonica Allemagne annoncent qu’ils préparent une démonstration en direct en Allemagne (*) en vue d'évaluer les communications bidirectionnelles entre des satellites en orbite basse et des smartphones standards non modifiés. Les deux entreprises précisent que l'essai portera sur les services de messagerie et de voix transmis directement depuis l'espace, à travers le spectre mobile terrestre fourni par Telefonica Allemagne. Une annonce d’apparence anodine, mais en fait d’importance car l'expérimentation va associer des satellites en orbite basse (LEO, Low Earth Orbit, 500 à 60 km d’altitude) avec des fréquences d'opérateurs sous licence et des appareils grand public non modifiés. Pour les acteurs de l’IoT, cette connectivité satellite directe à des appareils non modifiés ne se résume plus à la simple question de la visibilité des satellites. Elle soulève un problème opérationnel plus complexe : comment intégrer les liaisons satellites aux réseaux mobiles, déjà réglementés, soumis à des contraintes spectrales et contrôlés commercialement par les opérateurs terrestres ? En d’autres termes, est-il possible d'ajouter la connectivité satellite aux réseaux mobiles tout en respectant les droits de spectre existants, en préservant la compatibilité des appareils et en assurant un service efficace dans les zones difficiles d'accès ? Concrètement dans cette démonstration à venir, OQ Technology va utiliser sa technologie de charge utile multibande développée en interne, avec les fréquences sous licence de Telefonica Allemagne. Les deux entreprises évalueront l'interaction entre la couche satellitaire et l'infrastructure mobile terrestre existante, fondée sur la norme 3GPP, avec en sus une étude des performances de données atteignables, de la la coexistence du spectre et de scénarios de communication directe avec les appareils dans les zones où l'extension de l'infrastructure terrestre est difficile. OQ Technology affirme que sa technologie de charge utile prend en charge les bandes MSS S (Mobile Satellite Service, bande S de 2 à 4 GHz), bande C (3,4 à 4,2 GHz en réception et 5,725 et 7,075 GHz) et IMT, ce qui lui permet de couvrir techniquement les bandes de fréquences destinées à la fois aux satellites et aux communications mobiles. L’objectif est de se rapprocher d'un modèle de réseau non terrestre piloté par un opérateur où la couche satellitaire complète le réseau mobile et utilise des appareils conventionnels. Concrètement, la complexité se déplace du matériel vers l'intégration réseau, la gestion du spectre et l'orchestration des services ce qui pourrait réduire les obstacles de mise en ouvre de la connectivité radio pour les utilisateurs et les équipementiers. Pour l'IoT industriel, la logistique, les services publics et les déploiements du secteur public, cette démonstration à venir ouvre aussi la voie à la mise en place d’une continuité de service dans les zones où les réseaux terrestres sont indisponibles, non rentables ou difficilement extensibles. Et pour les intégrateurs de systèmes cette couverture hybride terrestre-satellite pourrait modifier la manière dont les actifs distants sont gérés, en particulier lorsque la couverture cellulaire est intermittente. « Il s'agit d'une étape importante pour l'infrastructure numérique allemande et européenne, analyse Jörg Kablitz, directeur associé et responsable des ventes chez Telefónica Germany. A travers cette démonstration nous allons tester des connexions de communication mobile directes entre satellites et smartphones classiques, selon une approche technologique européenne et dans le but de renforcer la souveraineté numérique de l’Europe. Ce service par satellite visera à compléter les réseaux mobiles existants, notamment dans les zones où l'extension des infrastructures terrestres serait extrêmement coûteuse, voire impossible. » (*) La démonstration se fera dans la province de Mecklenburg-Poméranie occidentale, une zone rurale à très faible densité de population. |