Arduino, à son tour, veut démocratiser l’IA embarquée grâce à sa carte Ventuno Q

[EMBEDDED WORLD] En amont du salon Embedded World qui s’est déroulé du 10 au 12 mars à Nuremberg, Arduino, désormais dans le giron de l’américain Qualcomm, a annoncé le lancement prochain de sa nouvelle plateforme baptisée Ventuno Q avec comme objectif affiché de démocratiser l’intelligence artificielle (IA) dans les applications embarquées. Tirant son nom du mot italien signifiant "vingt et un" - Arduino fête ce mois-ci son 21e anniversaire - Ventuno Q s'appuie, selon ses concepteurs, sur l'héritage des cartes Arduino UNO largement répandues sur le terrain.

La carte s'appuie ainsi sur une architecture à "double cerveau" similaire à celle de la carte Arduino UNO Q annoncée à l’occasion du rachat d’Arduino par Qualcomm en octobre 2025 et qui est dotée d’une architecture avec un microprocesseur compatible avec le système Linux cohabitant avec un microcontrôleur pour le temps réel en vue de combiner calcul haute performance et contrôle déterministe. L’idée est d’apporter aux développeurs la capacité à synchroniser perception, décision et action sur une seule carte.

Sur cette base, l’Arduno Vetuno Q va plus loin et améliore les capacités de la plate-forme Uno grâce à l’intégration du processeur Dragonwing IQ8 de Qualcomm, capable de supporter les charges de travail des applications d'IA traditionnelles et génératives.

Il s’agit ici du circuit DragonWing IQ-8275 avec un processeur Kryo de 6e génération à huit coeurs (2 coeurs Kryo Gold Prime à 2.35 GHz, deux coeurs Kryo Gold à 2,1 GHz et quatre Kyro Silver à 1,95 GHz), un coeur graphique Adreno 623 et un coeur neuronal (NPU, Neural Processing Unit) Hexagon d'une capacité de 40 TOPS. 

Au-delà, la carte possède un microcontrôleur 32 bits STM32H5 de STMicroelectronics, à cœur Arm Cortex-M33 cadencé à 250 MHz, notamment pour du contrôle moteur à faible latence.

Côté mémoire, la carte est équipée de 16 Go de RAM LPDDR5, capable de gérer l'inférence simultanée et le multitâche, et d’un stockage extensible eMMC jusqu'à 64 Go.

Les entrées/sorties industrielles présentes incluent un port CAN-FD natif, une sortie PWM et des GPIO haute vitesse pour un contrôle physique précis, des connecteurs haut débit pour brancher plusieurs caméras MIPI-CSI (avec possibilité de traitement de plusieurs flux par l’IA) et une sortie audio. Des connexions pour écrans et un réseau Ethernet à 2,5 Gigabit/s, complètent l’ensemble.

Enfin, les interfaces de communication sans fil s’appuient sur le support du Wi-Fi 6 en mode tri-bande (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz) et du Bluetooth 5.3.

Le processeur principal fonctionne sous les distributions Linux Ubuntu et Debian tandis que le microcontrôleur exécute le noyau Arduino sur l’OS temps réel en open source Zephyr, garantissant un comportement déterministe pour les tâches critiques.

De plus, l'environnement de développement Arduino App Lab permet aux utilisateurs de créer des systèmes d'IA complexes à travers des programmes Arduino, des scripts Python et une bibliothèque de modèles d'IA prêts à l'emploi, notamment les modèles linéaires locaux (LLM et VLM), la reconnaissance vocale automatique, la reconnaissance gestuelle, l'estimation de pose et le suivi d’objet.

Pour les projets complexes nécessitant des modèles d'IA personnalisés, Arduino App Lab est désormais intégré à l’environnement Edge Impulse Studio de Qualcomm (issu du rachat d’Edge Impluse par Quelmcomm en mars 2025).

« Avec Ventuno Q, l'IA peut enfin passer du cloud au monde physique, estime Fabio Violante, vice-président et directeur général d'Arduino chez Qualcomm Technologies. Cette plateforme autorise en effet la conception de machines qui perçoivent, décident et agissent, le tout sur une seule carte. Notre ambition, en associant l'écosystème de développeurs Arduino à la puissance des processeurs Dragonwing, est de rendre la robotique et l'IA embarquée accessibles à tous les développeurs, enseignants et innovateurs ».

Avec la carte Ventuno Q, Arduino indique que les utilisateurs pourront prototyper des solutions pour divers domaines, en exécutant des agents d'IA autonomes hors ligne. Par exemple, des assistants vocaux exécutant des modèles LLM (Large Language Model) locaux, des miroirs intelligents réagissant aux gestes, des bornes touristiques, des guichets d’accueil de centres médicaux ou des plateformes de transport exploitant la reconnaissance vocale automatique (ASR, Automatic Speech Recognition) et la synthèse vocale (TTS, Text-To-Speech, speech synthesis) en périphérie de réseau.

De même que des bras robotisés de précision pour la préhension et le placement, guidés par vision, des systèmes de sécurité proactifs détectant les comportements dangereux, des dispositifs de surveillance du trafic traitant des données complexes, etc., indique Arduino

La disponibilité de la carte en volume est prévue pour le second semestre 2026.