Les OS temps réel en open source Ariel et MicroPythonOS visent pour l’un l'IoT sécurisé, et pour l’autre les IHM embarquées[EDITION ABONNES] A l’occasion de la conférence FOSDEM 2026 (*) qui s’est tenue à Bruxelles les 31 janvier et 1er février 2026, deux présentations ont porté sur des systèmes d’exploitation en open source spécifiquement destinés aux applications embarquées. Le premier, Ariel OS, est un système d'exploitation temps réel pour microcontrôleurs, un des premiers à être entièrement écrit en langage Rust. Il prend en charge les architectures matérielles courantes - Arm Cortex-M, Espressif 32, SP32, RISC-V - ainsi que les cartes d'Espressif, Nordic Semiconductor, Raspberry Pi et STMicroelectronics. Ce système trouve une partie de son origine dans les travaux du groupe de développeurs issus de l’Inria, entre autres, qui a développé depuis de nombreuses année le système en open source RIOT (pour Real time operating system for Internet Of Things). Ariel OS s'appuie sur le framework Embassy Rust et la couche d'abstraction matérielle embedded-hal pour systèmes embarqués. Pour rappel, Embassy est un framework nouvelle génération pour les applications embarquées destiné à écrire plus rapidement du code embarqué sûr, correct et économe en énergie grâce au langage de programmation Rust, à ses fonctionnalités asynchrones et aux bibliothèques Embassy.
Selon ses développeurs, Ariel OS adopte une approche qui intègre simultanément un écosystème de bibliothèques sélectionnées (disponibles grâce au site crates.io) et ajoute des fonctionnalités système manquantes. Ces fonctionnalités incluent un ordonnanceur multicœur préemptif, des API périphériques portables, des mécanismes de sécurité réseau supplémentaires, ainsi qu’un système de méta-compilation pour assurer la cohésion de l’ensemble. Ainsi, un développeur d’applications IoT basse consommation peut se concentrer sur la logique métier reposant sur des API proches du matériel, identiques sur tous les matériels compatibles, à l’instar de la démarche du système RIOT. Selon ses concepteurs l’objectif est triple : réduire le temps de développement des applications, améliorer la portabilité du code et minimiser les vulnérabilités du système. Un premier OS temps réel écrit en langage MicroPython Alors qu'Ariel OS est conçu pour des applications IoT sécurisées, à faible consommation de mémoire et connectées en réseau sur microcontrôleurs, MicroPythonOS quant à lui cible les applications avec interfaces utilisateur graphiques et s'inspire fortement d'Android et d'iOS. Il s'agit, à notre connaissance, du premier OS temps réel pour applications embarquées écrit dans le langage MicroPython. Pour rappel, MicroPython est une implantation et une adaptation opérationnelle depuis 2015 du langage de programmation libre Python (sous licence MIT) pour le domaine des microcontrôleurs. MicroPythonOS propose une App Store qui facilite l'accès aux applications, une interface utilisateur tactile et à boutons fondée sur la bibliothèque populaire LVGL (Light and Versatile Graphics Library) avec de nombreux widgets, gestes et thèmes, un gestionnaire Wi-Fi et des mises à jour de firmware par liaison radio (Over The Air). Le système se compose d'un système d'exploitation léger qui gère l'initialisation du matériel, le multitâche et l'interface utilisateur. Tout le reste est une application, y compris les fonctionnalités système, telles que la configuration Wi-Fi et les mises à jour du système d'exploitation. Cet OS fonctionne théoriquement sur tout appareil compatible MicroPython, comme les microcontrôleurs ESP32 d’Espressif mais aussi le micrcontôleur Raspberry Pi RP2350.
Cinq applications sont préinstallées : le lanceur, le Wi-Fi pour la configuration sans fil, l'App Store pour installer d'autres applications, OSUpdate pour les mises à jour système OTA et le fichier de paramétrage. L'App Store propose notamment, sous la forme de code source, une visionneuse d'images et une application d’IMU pour visualiser les données d’un capteur de mouvement. L’objectif de ce système d’exploitation est de réer des contrôleurs domotiques, des outils pédagogiques avec écrans interactifs, des systèmes de paiement décentralisés, des appareils tactiles portables, des robots avec IMU et caméras, des objets connectés avec commandes gestuelles et d'autres projets de prototypage. (*) FOSDEM - Free and open source software developers' European meeting - est une conférence annuelle organisée chaque année en février à l'Université libre de Bruxelles depuis 2001 et qui accueille environ 5 000 participants. |