VDC publie ses prévisions technologiques 2026 pour l'IoT, les systèmes embarqués et l'informatique industrielle

[EDITION ABONNES] Selon la société d'analyse de marché VDC, les marchés de l'IoT, des systèmes embarqués et de l'informatique industrielle sont entrés dans une phase de transformation profonde. Face à ces évolutions, l’année 2026 sera marquée, selon VDC, par des changements fondamentaux dans les architectures de plateformes, les modèles de développement et les stratégies de commercialisation. Tels sont les principaux enseignements de de VDC, pour l’année 2026.

Voici les huit grandes les tendances technologiques que la société a listé.

ExecuTorch va révolutionner l'inférence en intelligence artificielle (IA) pour les systèmes Edge de haut de gamme

De nombreuses équipes d'ingénierie ont déjà utilisé LiteRT (anciennement TensorFlow Lite Micro) comme framework par défaut pour l'inférence IA dans l’Edge. LiteRT a été conçu par Google pour les cibles à faible consommation et aux ressources limitées, telles que les microcontrôleurs et les processeurs de signal numérique. Cependant, en raison des limitations inhérentes du framework et de son orientation vers les petits appareils, son homologue conçu avec PyTorch est bien placé pour conquérir des parts de marché dans les appareils haut de gamme dotés de capacités de traitement supérieures.

D’ores et déjà de nombreux développeurs préfèrent PyTorch à TensorFlow, notamment pour l'IA générative et les flux de travail fondés sur les transformateurs.

Dans l’Edge, ExecuTorch suivra une trajectoire similaire. Les fabricants de puces tels que MediaTek, Qualcomm et Samsung ont démontré la valeur des objets connectés alimentés par l'IA, et ExecuTorch sera fondamental pour le succès des appareils périphériques ultra-intelligents. Les NPU (Neural Processing Unit) Arm Ethos-U prennent d’ores et déjà en charge ExecuTorch, et le NPU eIQ Neutron de NXP intègre la prise en charge d'ExecuTorch pour une inférence accélérée sur les circuits de la société.

Les robots peuvent enfin passer à l'action, mais est-ce souhaitable ?

Les organisations du secteur des technologies opérationnelles (OT) suivent avec intérêt les progrès de la robotique humanoïde. L'analyse du CES 2026 par VDC a détaillé la présence de robots humanoïdes exposés par des entreprises telles qu'Aptiv, Arm, Boston Dynamics, Bosch, Hyundai, Mobileye, Nvidia, Qualcomm et QNX. Mais est-ce le format le plus efficace ?

Certes les utilisateurs finaux pourront programmer un robot humanoïde pour accomplir de nombreuses tâches sur une même chaîne de montage tout au long de sa durée de vie opérationnelle, surtout si le robot est équipé de la technologie LLM (Large Language Model). Mais cette flexibilité a un coût. Les systèmes humanoïdes sont coûteux, énergivores et généralement complexes. La main d'un humanoïde peut par exemple à elle seule intégrer plusieurs microcontrôleurs, ce qui engendre une complexité et un coût de conception importants.

Pour des applications spécialisées, la flexibilité peut ne pas justifier le coût des systèmes humanoïdes. Dans un scénario idéal, les humanoïdes fonctionneront comme des robots généralistes automatisés capables d'effectuer un large éventail de tâches. Mais en 2026, d'autres types de robots stimuleront la croissance des revenus dans le secteur de la robotique, le temps que les humanoïdes atteignent leur pleine capacité opérationnelle.

La pénurie de mémoire DDR4 entraînera des refontes de conception généralisées

La fin de la DDR4 est un sujet brûlant d’actualité, et les fournisseurs de composants DRAM orientent rapidement leurs capacités de développement et de production vers les nouvelles technologies telles que la DDR5 (et la HBM dans les centres de données) en vue de cibler des marchés porteurs comme les plateformes de serveurs d'entreprise et le traitement des charges de travail d'IA hautes performances. Mais cette transition est beaucoup moins progressive que les précédents cycles technologiques de mémoire.

Les fournisseurs de mémoire ont ainsi moins d'intérêt stratégique à maintenir les technologies DRAM existantes, compte tenu de la forte demande actuelle en mémoires sophistiquées. Par conséquent, les fournisseurs de matériel embarqué doivent adapter dès maintenant leur stratégie architecturale en tenant compte des nouvelles technologies de mémoire, car la "longue traîne" de l'offre de DDR4 sera en réalité beaucoup plus courte que pour les générations précédentes en raison des réductions de production, du nombre réduit de fournisseurs et de la volatilité des prix.

La personnalisation des puces atteint de nouveaux sommets

Les chiplets, SoC (System On Chip) et autres Asic sont depuis longtemps des composants de base de l'industrie du matériel embarqué, mais leur prévalence a longtemps été limitée à certains projets en raison des exigences liées au volume nécessaire pour couvrir les coûts de développement non récurrents, les développements logiciels et la complexité de l'encapsulation/intégration.

Bien que les chiplets et les ASIC puissent être grandement optimisés pour diverses conceptions de projets, les puces monolithiques sont beaucoup plus simples, moins chères à approvisionner et contribuent à accélérer le développement de produits. De plus, l'accélération des charges de travail et l'autonomie mettent à l'épreuve les architectures informatiques traditionnelles.

Cependant, particulièrement à l'ère de l'IA physique, des solutions de silicium personnalisées en périphérie sont désormais nécessaires pour collecter, traiter et partager efficacement les données entre sous-systèmes, architectures zonales et/ou réseaux de capteurs fusionnés dans les plateformes autonomes et robotiques.

Le silicium personnalisable deviendra en 2026 un élément de conception majeur pour une large gamme de systèmes de contrôle intelligent, de mouvement, de vision/perception et de mise en réseau.

La preuve de conformité continue va remodeler les architectures de sécurité dans l’OT

En 2026, les programmes de cybersécurité dans l’OT devraient placer la "preuve de contrôle" au même niveau que la détection des menaces. Les normes telles que l'IEC 62443 et la NERC CIP (*), ainsi que les rapports prêts pour l'audit, sont régulièrement cités comme des facteurs à court terme d'investissement dans la sécurité OT.

Par conséquent, les équipes de sécurité OT consacreront probablement plus de temps à l'instrumentation pour la génération de preuves et moins de temps à débattre de modèles de maturité abstraits.

En pratique, une "bonne" sécurité signifiera de plus en plus que les équipes seront en état de produire des documents sur l'identité et l'accès, la configuration et le contrôle des changements, les exceptions de vulnérabilité et les contrôles compensatoires, ainsi que la préparation aux incidents, sans avoir à reconstruire l'intégralité du programme chaque trimestre.

Cette approche fondée sur les preuves influencera la manière dont les fournisseurs positionnent leurs plateformes et dont les acheteurs définissent leurs exigences.

L'accès distant sécurisé deviendra le point de départ le plus pratique du modèle "Zero Trust" pour les systèmes OT

En 2026, l'accès distant sécurisé devrait devenir le premier contrôle « Zéro Trust » que les équipes OT standardiseront à grande échelle. La connectivité distante reste le moyen d'accès le plus courant des environnements industriels pour le support OEM, les intégrateurs, les sous-traitants et les équipes internes.

Face à l'augmentation constante des menaces et des exigences de disponibilité, de nombreux opérateurs considéreront l'accès distant moins comme un simple confort opérationnel que comme une surface de contrôle qu'ils peuvent renforcer sans déstabiliser les réseaux de l'usine.

Le marché converge ainsi vers des modèles d'accès intermédiés qui rendent la gouvernance mesurable. En 2026, les organisations considéreront l'accès distant géré par un courtier comme le test décisif des progrès en matière de technologie opérationnelle (OT) pour le modèle Zero Trust, car il offre un contrôle mesurable plus rapidement que la plupart des segmentations ou des refontes d'architecture.

Concilier ambition et accessibilité des véhicules définis par logiciel (SDV) pour une adoption pragmatique

En 2026, la transition vers les véhicules définis par logiciel (SDV) continuera de progresser. Mais  le centre de gravité des constructeurs automobiles traditionnels se déplacera vers des approches SDV progressives, compatibles avec les architectures de véhicules existantes, plutôt que de les remplacer purement et simplement.

Le CES 2026 a par exemple révélé un intérêt pour le déploiement pratique à court terme de fonctionnalités SDV évolutives, abordables et fondées sur une valeur opérationnelle mesurable.

Parallèlement, les principaux fournisseurs de plateformes continueront de promouvoir le véhicule comme un produit logiciel évolutif grâce aux mises à jour OTA et à une gestion structurée de son cycle de vie. Les feuilles de route SDV en 2026 suivront donc une stratégie de modernisation progressive plutôt que d’aller vers une refonte architecturale complète.

L'IA embarquée en périphérie évolue vers des opérations évolutives, des outils de gestion du cycle de vie et des charges de travail éprouvées

En 2026, l'IA embarquée pour l'IoT et les systèmes embarqués passera de la simple démonstration de la capacité d'un modèle à s'exécuter sur un appareil à la démonstration de sa capacité à être déployée, surveillée et maintenue à grande échelle, tout en respectant des contraintes strictes de consommation d'énergie et de coût.

Les performances continueront de s'améliorer, mais les principaux facteurs de différenciation seront les avantages pratiques tels que l'efficacité énergétique, la latence prévisible, l'empreinte mémoire et la facilité de passage du prototypage à la production.

Le principal avantage concurrentiel résidera dans les flux de travail de bout en bout qui prennent en charge l'intégralité du cycle de vie de l'IA embarquée incluant des outils pour la collecte et l'étiquetage des données, l'entraînement et l'optimisation des modèles, le provisionnement sécurisé, l'automatisation du déploiement, les diagnostics à distance et des mécanismes de mise à jour sécurisés qui évitent les pannes d’appareils.

En 2026, de nombreuses organisations réduiront également leurs ambitions en matière d'IA embarquée à un nombre plus restreint de charges de travail à haute fiabilité, en privilégiant les modèles et les pipelines qui peuvent être validés, mis à jour en toute sécurité et déployés avec une puissance et des performances prévisibles.

(*) North American Electric Reliability Corporation Critical Infrastructure Protection, ensemble de normes de cybersécurité conçues pour protéger le réseau électrique nord-américain contre les cybermenaces