80 millions de modules IoT 5G RedCap seront expédiés entre 2024 et 2029, dont 56 millions de eRedCap, selon ABI Research[EDITION ABONNES] La société d’étude de marché ABI Research prévoit dans un récent rapport intitulé "5G RedCap Standards and Chipsets for IoT Applications report (part of IoT Hardware & Devices research service)" une évolution significative du paysage de l’IoT cellulaire, avec des livraisons de modules 5G à capacité réduite (RedCap) qui devraient atteindre 80 millions d’unités entre 2024 et 2029. Dans ce cadre, les modules RedCap améliorés (eRedCap) devraient représenter 71 % de ce total, signe d’une évolution rapide vers une connectivité 5G optimisée en termes de coût et de consommation d’énergie pour les applications IoT. On peut interpréter les résultats de cette étude comme l’imminence d’un mouvement de fonds qui indique une migration majeure pour les fabricants européens d’appareils IoT utilisant actuellement les technologies LTE Cat-1 ou Cat-4 vers des conceptions 5G évolutives. Une évolution qui pourrait influencer le choix des puces, la planification des réseaux et l’intégration des modules IoT dans un large éventail d’applications embarquées et industrielles. Pour rappel, définie dans la version 17 du 3GPP, la 5G RedCap a été introduite pour combler le fossé entre le haut débit mobile amélioré (eMBB) et les technologies LPWA basse consommation. Elle procure des débits de données équivalents à ceux de la LTE, avec une conception simplifiée des appareils et une consommation énergétique réduite, apportant de fait une solution élégante de mise à niveau économique vers la 5G. « La 5G RedCap peut se définir comme une série d'optimisations réseau qui simplifie la conception d’appareils connectés à un réseau cellulaire et succède naturellement aux LTE Cat-4 et LTE Cat-6, explique Jonathan Budd, analyste industriel chez ABI Research. Au fond, c’est un moyen d’apporter une solution abordable pour accéder à la 5G aux fabricants d'appareils IoT qui n'ont pas besoin de l'ensemble des fonctionnalités de la 5G.» Selon ABI Research, des fournisseurs majeurs de puces, dont Qualcomm, MediaTek, Unisoc et ASR Microelectronics, auxquelles on doit rajouter Sequans (voir notre article) se lancent déjà sur le marché des chipsets RedCap, accélérant ainsi leur adoption dans l'écosystème IoT. Parallèlement, la technologie eRedCap, introduite dans la version 18 de 3GPP, réduit encore la complexité et le coût des appareils, ouvrant de nouvelles perspectives pour les appareils IoT d'entrée de gamme. ABI Research prévoit ainsi que les modules eRedCap représenteront 56 millions des 80 millions de modules RedCap expédiés d'ici 2029. « En remplacement des LTE Cat-1 et Cat-1bis, eRedCap sera largement applicable pour connecter des appareils dans le paysage applicatif IoT, et les fabricants de puces et de modules chercheront à fidéliser leurs clients le plus rapidement possible, commente Jonathan Budd. Des entreprises comme Sequans ont déjà annoncé le développement de puces eRedCap, témoignant d'une concurrence féroce entre les fabricants de semi-conducteurs pour conquérir ce segment de marché en pleine expansion. » D’un point de vue technologique, rappelons que l'extension RedCap (Reduced Capability) introduite dans la Release 17 des spécifications 3GPP, est conçue pour les objets connectés dont la complexité est moindre que les smartphones, mais qui nécessitent des vitesses de transmission plus rapides que celles assurées aujourd’hui par le LTE-M ou le NB-IoT. La technologie bénéficie des déploiements à grande échelle des réseaux 5G NR, tout en utilisant moins de capacités 5G NR pour un équilibre optimal entre fonctionnalités, coût et consommation d'énergie. Quant à la version eRedCap (enhanced Reduced Capability), elle est définie par la Release 18 des spécifications 3GPP. Elle allège les exigences de débit par rapport à RedCap, pour une complexité et un coût encore réduits. Les équipements eRedCap devraient afficher un débit crête plus faible de l’ordre de 10 Megabit/s contre 225 Megabit/s pour le 5G RedCap, et une largeur de bande de base réduite, 5 MHz contre 20 MHz pour les transmissions de données. L’idée ici étant d’abaisser la consommation d'énergie et les coûts par rapport à la technologie RedCap classique.
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