Le marché des systèmes d’IA dans l’Edge devrait passer de 260 Md$ en 2025 à 380 Md$ en 2028

[EDITION ABONNES] Les dépenses mondiales consacrées aux systèmes d’intelligence artificielle (IA) (matériel et logiciel) en périphérie de réseau - l’Edge - devraient dépasser 260 milliards de dollars en 2025 et augmenter de 13,8 % par an en moyenne pendant les trois prochaines années pour atteindre 380 milliards de dollars en 2028, selon une récente étude du cabinet IDC. 

D’après ce rapport, intitulé “Worldwide Edge Spending Guide”, le secteur le plus important restera celui du matériel (plateformes calcul, passerelles, équipement réseau et systèmes de stockage) jusqu’en 2028, en raison de l’évolution du marché des puces électroniques destinées à l’accélération des algorithmes d’IA pour un traitement des données en temps réel.

Toutefois, les segments des services agrégés devraient dépasser la part du matériel d'ici 2028, affichant un taux e croissance annule sur cinq ans de plus de 18 %. Au sein des services provisionnés, l'infrastructure en tant que service (IaaS) reste la catégorie qui connaît la croissance la plus rapide, motivée par le besoin de solutions évolutives, flexibles et rentables, capables de gérer les exigences de calcul croissantes des charges de travail d'IA.

Dans ce cadre, IDC prévoit des investissements importants d’infrastructure réalisés par les fournisseurs de services pour délivrer des services informatiques “edge multi-accès” (MEC, Multi access Edge Computing) (*), des réseaux de diffusion de contenu et des fonctions de réseau virtuel. Un marché qui devrait atteindre près de 100 milliards de dollars d’ici à 2028. 

« Nous constatons que les fournisseurs de services doublent leurs investissements en construisant des réseaux à faible latence, en améliorant l’analyse en périphérie pilotée par l’IA et en établissant des partenariats pour fournir une infrastructure évolutive et sécurisée, commente à ce sujet Dave McCarthy, vice-président de la recherche, Cloud and Edge Services chez IDC. Ces efforts sont essentiels pour réaliser le plein potentiel de l’edge computing dans de nombreux marchés verticaux, allant des ateliers de fabrication plus intelligents dans l’industrie jusqu’à des systèmes de soins de santé réactifs dans le domaine médical. »

Selon IDC, en 2025, le secteur de la vente au détail et des services devrait représenter la plus grande part des investissements dans l’edge AI, avec près de 28 % du total des dépenses mondiales, selon IDC. Dans ce secteur, les cas d’utilisation tels que l’analyse vidéo, la performance dynamique en temps réel des transporteurs et l’optimisation des opérations représentent les dépenses les plus importantes.

Le secteur de l’industrie manufacturière et des ressources vient en deuxième position, représentant collectivement un quart des dépenses mondiales. 

D’un point de vue géographique, IDC note que les États-Unis sont actuellement en tête des dépenses, suivis par l’Europe occidentale et la Chine. 

« La plupart des secteurs d’activité professionnels bénéficient d’un intérêt à traiter les données au plus près de la source, ce qui permet d’accélérer la prise de décision, d’améliorer la sécurité et de réaliser des économies, explique Alexandra Rotaru, responsable des données et de l’analyse au sein du groupe Data & Analytics chez IDC. A ce niveau, la vente au détail, la fabrication industrielle, les services publics, la santé et les sciences de la vie font partie des secteurs qui nécessitent une compréhension particulière de leurs processus et de leur comportement en matière d’investissement. Une vision granulaire de ces industries permettra aux fournisseurs de technologie de mieux adapter leurs solutions aux besoins, ce qui en retour stimulera la croissance et l’innovation dans le domaine de l’informatique en périphérie de réseau. » 

(*) Dans le domaine des réseaux et des réseaux mobiles, le multi-access edge computing ou MEC, est un concept dont l’architecture est standardisée par l’ETSI. Un environnement MEC permet de fournir à des applications des services réseau, notamment des communications à faible latence et un accès très haut débit.