Les comités de standardisation PICMG et DMTF franchissent une étape cruciale vers l’industrie du futur[EDITION ABONNES] Consortium international qui définit et promeut des standards matériels pour le domaine de l’embarqué (COM-HPC, COM Express, CompactPCI, MicroTCA, ModBlox7…), le comité PICMG a indiqué fin août qu’une proposition intégrant les spécifications PICMG IoT.x a été acceptée et intégrée dans le processus en cours d’évolution du standard Redfish de l’organisme DMTF (Data Management Task Force). Cette extension de l’API Redfish doit simplifier la création de systèmes plug-ang-play relevant de l’industrie 4.0 en permettant la connexion de modèles de données interopérables, embarqués dans des points d’extrémité compatibles IoT.x, à des infrastructures convergées définies par logiciel. Pour rappel, Redfish est un standard de l’industrie informatique couramment utilisée pour la collecte de données et la gestion des périphériques dans des équipements tels que les ventilateurs de centres de données et les pompes à liquide de refroidissement. Et, depuis 2018, les organismes PICMG et DMTF collaborent pour étendre les capacités de cette API aux équipements d'automatismes et d'usine et, partant, permettre la gestion et le contrôle à distance de plates-formes de mouvement robotisées, de systèmes de détection contextualisés et d'autres points de contrôle avancés. Les spécifications PICMG IoT.1 et IoT.2, qui ajoutent des extensions au standard Redfish, sont le fruit de ce travail. On se souviendra ici qu’en 2021, le PICMG avait ratifié le standard IoT.1 qui stipule un framework de communication entre les capteurs/actionneurs industriels et les contrôleurs IoT sur site tels que les modules MicroSAM (Micro Sensor Adapter Modules) encadrés, quant à eux, par la spécification PICMG IoT.0. Dans le détail, le standard IoT.1 définit une interface pour firmware et un modèle de données de bas niveau qui visent à faciliter la configuration des capteurs et des actionneurs intelligents indépendamment du fabricant, ainsi qu'une interopérabilité plug and play avec des niveaux plus élevés de l'installation industrielle. En d’autres termes, selon le PICMG, la spécification offre une couche d’abstraction de données qui permet aux utilisateurs de transformer des capteurs et actionneurs traditionnels en homologues intelligents, et ce grâce à des outils gratuits et open source qui nécessitent peu ou pas de savoir-faire en programmation. Ainsi, les outils IoT Configurator et IoT Builder, disponibles tous deux sur le référentiel GitHub du PICMG, proposent des implémentations de référence pour bâtir et générer du firmware pour capteurs intelligents qui peut être lu par n’importe quel capteur ou contrôleur, assure l’organisme de standardisation. La spécification d’architecture réseau IoT.2, quant à elle, s’intéresse à l'intégration des capteurs et actionneurs intelligents, ainsi que de leurs données, dans des "systèmes de systèmes" plus vastes de l'industrie 4.0. Reposant sur l'API Redfish de l’organisme DMTF, elle décrit en pratique une couche d'abstraction et un modèle transactionnel permettant la gestion et la surveillance des points d’extrémité industriels de détection et d’action dans le contexte de modèles de travail similaires à ceux disponibles auprès des principaux fournisseurs de services cloud. Une nouvelle étape a donc été franchie cet été avec l’intégration des spécifications PICMG IoT.1 et IoT.2 dans la plus récente version du standard Redfish dont la publication officielle est attendue en 2025. « L’organisme DMTF spécifie les protocoles, les formats de données et les modèles nécessaires à une gestion interopérable sur l'infrastructure du plan de contrôle, y compris les systèmes de périphérie, indique Jeff Hilland, le président de l’organisme. Étant donné qu'une grande partie de ce que nous faisons est applicable aux équipements edge, il est logique de travailler avec le PICMG dans le cadre de notre programme de partenariat. » A noter que le comité PICMG travaille également à l’extension du modèle de travail Redfish pour prendre en charge la planification et l’orchestration des équipements d’usine à partir du cloud. Les opérateurs industriels devraient ainsi pouvoir s’appuyer sur de puissantes plateformes cloud comme AWS pour gérer les tâches et ce jusqu’au contrôle des points d’extrémité dans une usine. « Imaginez une usine modulaire où chaque composant est interconnecté et entièrement plug-and-play, non seulement au niveau du capteur et de l’actionneur, mais sur toute la chaîne de montage, précise Doug Sandy, le directeur technique du PICMG. Dans cette usine, chaque équipement disposera de son propre service Redfish associé, de ses propres charges de travail et de son propre traitement qui pourrait s’exécuter là où il le faut, et les opérateurs pourront gérer et surveiller le tout via une hiérarchie descendante de contrôleurs de bâtiment, d’atelier et de ligne de production. » Les organismes PICMG et DMTF ont actuellement mis en place une équipe commune qui planche sur un exemple de mise en œuvre de l'environnement de données interopérable, exprimé sous la forme d'un serveur open source, accessible sur le référentiel GitHub du PICMG. De nouvelles fonctionnalités sont ajoutées au serveur chaque mois afin qu’il soit pleinement fonctionnel au moment de la publication de la prochaine version de la spécification Redfish. A suivre donc. |