L’intelligence artificielle vocale, prochaine frontière de l'informatique ambiante ?

[EDITION ABONNES] Un peu partout dans le monde, des entreprises déploient aujourd'hui l’intelligence artificielle (IA) vocale pour améliorer l’expérience utilisateur et l’efficacité d'interaction. La demande pour ce type de technologie monte en flèche, constate ainsi la société d’études GlobalData qui note aussi de nombreuses innovations dans ce domaine apportées par des start-up.

Avec la prolifération d'appareils intelligents dotés de fonctionnalités vocales dans des secteurs tels que l'automobile, les soins aux patients et la restauration (avec l’assistance aux commandes de menus par exemple), l'IA vocale devient de fait fondamentale pour remodeler les interactions homme-machine au sein de l'écosystème informatique ambiant (ambient computing).

Selon GlobalData, les assistants vocaux intelligents constituent l'un des éléments clés de l'IA vocale. Les dépôts de brevets sur ce créneau particulier sont passés de 1 889 en 2018 à 3 834 en 2023, ce qui témoigne d'un intérêt et d'un investissement croissants pour les solutions vocales. En outre, l’entrée de 157 nouvelles entreprises en 2023 sur un total de 589 met en lumière un écosystème en plein essor et un rythme rapide d’innovation dans ce domaine technologique, ajoute le société d’études.

« Grâce aux progrès du traitement du langage naturel (NLP) et de la compréhension contextuelle, l'IA vocale est sur le point de devenir la principale interface de l'informatique ambiante, preuve de l'intégration transparente de la technologie dans notre environnement pour des interactions intuitives et sans effort avec les appareils et services interconnectés », note Tejal Hartalkar, analyste en charge de technologies de rupture chez GlobalData.

La société d’études pointe aussi la multiplication de partenariats notables et de lancements de produits visant à intégrer et à faire progresser la technologie d'assistant vocal intelligent. Parmi ces collaborations, GlobalData cite celle engagée par Volkswagen et OpenAI, qui se concentrent sur l'intégration de ChatGPT dans les automobiles du constructeur allemand pour améliorer l'assistant vocal embarqué, et celle signée par TomTom et Microsoft pour le développement d'un assistant conversationnel alimenté par l'IA pour les véhicules.

Du côté des produits, l’analyste met en exergue l’assistant IA Insightli utilisé en interne par CommonSpirit Health, l'un des plus grands systèmes de santé à but non lucratif des Etats-Unis, outil qui permet de générer du contenu écrit tout protégeant les informations confidentielles (une question problématique avec l’utilisation des solutions IA tierces accessibles par le grand public).

Dans le domaine de l’IA vocale, les start-up sont à la pointe de l’innovation en se concentrant sur le raffinement des algorithmes et l’amélioration des capacités de traitement du langage naturel. Des jeunes pousses comme le britannique PolyAI, qui a récemment dévoilé son assistant vocal orienté utilisateur pour moderniser le support et l'engagement client, ou l’américain Slang, dont la plateforme IA conversationnelle répond automatiquement aux appels téléphoniques des entreprises physiques, ont ainsi attiré des investissements importants en raison de leur impact potentiel. Les deux entreprises ont levé à ce jour 70 millions et 20 millions de dollars respectivement.

Des défis restent toutefois à relever. « Alors que les entreprises exploitent de plus en plus les capacités de l'IA vocale, elles doivent relever des défis cruciaux tels que les problèmes de confidentialité concernant la collecte de données, les vulnérabilités de sécurité et la complexité d'intégration avec les systèmes existants, détaille Tejal Hartalkar. Cela s’avère particulièrement crucial alors que la technologie évolue vers des compagnons virtuels plus personnalisés et émotionnellement intelligents, qui pourraient offrir des expériences véritablement percutantes. »