L’Union internationale des télécommunications compte approuver les interfaces radio 6G d’ici à la fin de la décennie

[EDITION ABONNES] L’Assemblée des radiocommunications de l’Union internationale des télécommunications (UIT) qui s’est réunie du 13 au 17 novembre 2023 a convenu d’utiliser le terme IMT-2030 comme référence technique pour la sixième génération des systèmes de communication mobile. Dans la foulée, l'organisme de normalisation a publié un cadre général pour le développement de standards et de technologies d’interface radio relatifs à la 6G. Un cadre dont les détails sont désormais explicités dans la recommandation UIT-R M.2160 également intitulée "IMT-2030 Framework".

A charge désormais pour le Secteur des radiocommunications de l’UIT (UIT-R) de définir les exigences techniques afférentes, de préciser le processus de soumission des propositions émises par les industriels, les organismes de standardisation et les centres de recherche, et d’indiquer les critères d'évaluation des technologies potentielles pour les futures interfaces radio 6G.

On rappellera que toutes les générations précédentes de télécommunications mobiles, c’est-à-dire le cellulaire analogique (1G), le cellulaire numérique (2G), l’IMT‑2000 (3G), l’IMT‑Advanced (4G) et l’IMT‑2020 (5G), ont également été normalisées par l'UIT.

Dans le détail, les propositions pour les technologies d’interfaces radio 6G (RIT, pour Radio Interface Technology) pourront être soumises pour examen par l’UIT-R début 2027. Elles seront ensuite évaluées par rapport aux exigences minimales définies par le groupe d’experts sur les systèmes IMT (le groupe de travail 5D de l'UIT-R en l’occurrence), avec l’objectif d'obtenir l'approbation d'un ensemble final de normes technologiques 6G d'ici à 2030.

Dans la pratique, la recommandation-cadre IMT-2030 identifie 15 capacités pour la technologie 6G. Neuf de ces capacités sont dérivées des systèmes 5G existants. Les systèmes IMT-2030 devraient également contribuer à répondre aux exigences d’une durabilité environnementale, sociale et économique accrue, et soutenir également les objectifs de l’Accord de Paris de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Parmi les scénarios d’usage attendus pour la 6G, l’UIT cite notamment les communications immersives en vue d’offrir une expérience vidéo riche et interactive aux utilisateurs, les communications ultrafiables et à faible latence pour le déploiement généralisé d'applications industrielles intelligentes, notamment la télémédecine et la gestion des réseaux énergétiques et électriques, ainsi que l’amélioration d’une connectivité omniprésente, en particulier dans les zones rurales, isolées et peu peuplées, dans le but de réduire la fracture numérique.

Les communications massives en vue d’inclure un usage élargi des appareils et applications de l'Internet des objets (IoT) dans les villes intelligentes, les systèmes de transport intelligents et des secteurs tels que la santé, l'agriculture, l'énergie et la surveillance environnementale sont également en ligne de mire. Autre scénario envisagé : la détection multidimensionnelle intégrée pour améliorer la navigation assistée et le positionnement de haute précision, y compris la détection d'objets et de présence, la localisation, l'imagerie et la cartographie.