La réduction des modèles d’IA générative est l'une des 5 tendances à suivre en 2024 selon Capgemini[EDITION ABONNES] Dans le cadre de son programme TechnoVision 2024, Capgemini a dévoilé hier 5 décembre son top cinq des tendances technologiques qui devraient atteindre un point d’inflexion critique l’année prochaine. Outre l’intelligence artificielle (IA) générative qui s'est déjà retrouvée en 2023 au cœur des préoccupations du grand public et des entreprises, quatre autre technologies majeures dans les semi-conducteurs, la cryptographie post-quantique, les batteries et la nouvelle conquête spatiale devraient également atteindre un niveau de maturité ou un point de rupture en 2024 et ainsi contribuer à résoudre les principaux défis auxquels sont confrontés actuellement les entreprises, la société et l’environnement, prédit le groupe français. 1 - IA générative : les grands modèles de langage se feront tout petits. L’IA générative a fait une entrée fracassante dans le paysage technologique et économique mondial fin 2022 et en 2023, et a créé de nombreux espoirs quant à l’ampleur de son impact économique. En 2024, sera-t-elle à la hauteur de l’énorme battage médiatique qu’elle a suscité ? Pour Capgemini, la réponse est oui. Alors que les grands modèles de langage LLM (Large Language Models) actuels vont continuer à rencontrer beaucoup de succès, le besoin de modèles plus petits et moins coûteux croît également, précise la société de conseil, de services et d’ingénierie. Ces modèles pourront ainsi s’exécuter sur des installations plus compactes dotées de capacités de traitement limitées, y compris en périphérie de réseau (edge) ou sur de plus petites architectures d’entreprise. En 2024, les nouvelles plateformes IA devraient également mieux combattre les "hallucinations" en associant des modèles d’IA générative avec des informations de haute qualité provenant de graphes de connaissances (représentations schématiques des données et de la façon elles sont interconnectées). Dans cette optique, des plateformes apparaîtront, capables de fournir des outils aux entreprises pour tirer parti de l’IA générative sans avoir besoin d’une expertise technique interne approfondie. 2 - Technologies quantiques : Quand la cyber rencontre le quantique. Une nouvelle menace de sécurité est apparue récemment, portée par le développement de l’informatique quantique qui peut rendre obsolètes les standards de chiffrement actuels comme RSA et ECC. Le développement d’algorithmes post-quantiques devient donc impératif pour maintenir la confidentialité et la sécurité des données à l’avenir, prédit Capgemini. Aux États-Unis, les normes de cryptographie post-quantique PQC (Post Quantum Cryptography), c’est-à-dire les algorithmes de chiffrement censés résister aux attaques quantiques, seront publiées en 2024 par le NIST. La loi sur la préparation à la cybersécurité de l’informatique quantique (Quantum Computing Cybersecurity Preparedness Act) exige que les organisations publiques et privées travaillant pour l’Etat américain migrent vers la cryptographie post-quantique dans un délai d’un an après la publication des normes du NIST. Ce sujet sera certainement au cœur des préoccupations des dirigeants en 2024, souligne le groupe français. 3 - Semi-conducteurs : La loi de Moore n’est pas morte, mais elle évolue. Les semi-conducteurs sont un pilier fondamental de la transformation numérique. La loi de Moore stipule que la puissance de calcul d’une puce électronique double tous les deux ans, tandis que son coût diminue de moitié. Mais cette théorie est-elle en train d’atteindre ses limites physiques et économiques ? s’interroge Capgemini. A ce titre, souligne le groupe hexagonal, l’industrie des semi-conducteurs est à l’aube d’une période de transformation en 2024 sur de nombreux paramètres. Les puces atteignent le procédé de gravure 2 nm et les transistors font à peine la taille de quelques atomes. Les besoins en investissements toujours plus importants, tant en R&D que pour des équipements de production à la pointe, commencent à poser des difficultés aux fournisseurs de puces, même pour les plus importants d’entre eux. 2024 devrait donc connaître une évolution de la loi de Moore, avec de nouveaux paradigmes. Bien que la miniaturisation des puces s’approche de sa limite physique absolue, la puissance de traitement continuera d’augmenter grâce à l’empilement de puces en 3D, de nouvelles innovations en science des matériaux et de nouvelles formes de lithographie, détaille Capgemini. 4 - Batteries : La puissance de la nouvelle chimie. Pour Capgemini, l’amélioration des performances et la réduction des coûts des batteries constituent une préoccupation majeure pour les entreprises et les gouvernements, avec des enjeux industriels majeurs pour chaque pays. L’objectif est de soutenir la mobilité électrique et de favoriser le stockage d’énergie de longue durée, ce qui est essentiel pour accélérer la transition énergétique vers les énergies renouvelables et le développement de réseaux électriques intelligents (smart grids). Alors que le LFP (lithium-fer-phosphate) et le NMC (nickel-manganèse-cobalt) deviennent la norme pour les véhicules électriques, plusieurs technologies sont à l’étude autour de la chimie des batteries, telles que les batteries sans cobalt (sodium-ion) ou les batteries à l’état solide, avec une accélération probable en 2024. Ces dernières représentent un changement majeur dans la technologie des batteries, principalement pour les véhicules électriques, car elles ont des densités d’énergie plus élevées (c’est-à-dire une capacité de stockage) pour un prix qui deviendra moindre que les batteries traditionnelles. Elles permettent également de réduire la dépendance aux matériaux tels que le lithium, le nickel, le cobalt, les terres rares et le graphite, tout en promettant des durées de vie plus longues et une sécurité renforcée, ajoute Capgemini. 5 - Space tech : Relever les défis de la Terre depuis l’espace. Le regain d’intérêt actuel pour les technologies spatiales vise à favoriser les découvertes scientifiques s’attaquant aux défis les plus critiques de la Terre, notamment la surveillance des risques et des catastrophes climatiques, un meilleur accès aux télécommunications, ainsi que la défense et la souveraineté. Cette nouvelle ère spatiale est portée non seulement par les agences gouvernementales, mais aussi par des acteurs privés, des start-up aux grandes entreprises, et elle est soutenue par diverses technologies telles que la 5G, les systèmes satellitaires avancés, le big data, l’informatique quantique, etc. En 2024, met en exergue Capgemini, cette effervescence devrait accélérer l’innovation et soutenir des projets technologiques très prometteurs dans le domaine de la propulsion durable des engins spatiaux (électrique ou nucléaire) et des nouvelles constellations en orbite terrestre basse pour des communications sans faille et la cryptographie quantique. |