Avec Ixana, c’est le corps qui fait office d’antenne pour connecter entre eux des dispositifs électroniques portés sur soiWi-R, pour Wire-like Wireless, tel est le nom choisi par la jeune société américaine Ixana, fondée en 2021 et basée à Seattle, pour décrire une technologie de communication en champ proche non radiative qui utilise des champs électro-quasistatiques (EQS) pour la communication entre capteurs et/ou actionneurs portés sur soi. On entre ici dans le domaine des Body Area Networks (BAN), technologies de réseau sans fil qui consistent à interconnecter sur, autour ou dans le corps humain, des dispositifs électroniques disposant d'une grande autonomie et utilisant des courants de très faible puissance pour fonctionner. Les domaines sportifs (pour suivre les performances d’un athlète pendant la pratique d’un sport), militaires (pour tracer les activités d’un soldat sur le champ de bataille) ou médical (pour surveiller des constantes physiologiques en continu et en temps réel) sont ici visés.
Avec Ixana, la proposition est d’utiliser directement le corps humain (en fait la peau) pour véhiculer les données entre capteurs et/ou entre les capteurs et l’extérieur. Avec comme technologie au centre de cette approche un circuit électronique spécifique, de très petite taille, à consommation extrêmement réduite, développé par Ixana, pour lequel la société reste encore très avare de détails. En revanche, Ixana est relativement prolixe sur les avantages de son innovation. Ainsi, selon la société, les technologies sans fil traditionnelles utilisant le champ électromagnétique émettent des signaux dans toutes les directions de l’espace et sont donc “consultables” par n'importe qui dans un rayon de 5 à 10 mètres. Alors que la technologie Wi-R confine le signal au plus près de la surface équipée (à savoir le corps humain), ce qui entraîne une efficacité énergétique et une sécurité physique élevées. A la clé, la résolution du problème de confidentialité car des données sensibles (surtout dans le médical) peuvent être espionnées jusqu'à 10 mètres de distance avec les technologies BAN traditionnelles. Le Wi-R contourne cet écueil en créant une bulle EQS privée près de la surface (<10 cm). Les prototypes actuels mis au point par Ixana fonctionnent jusqu'à 1 Mbit/s (suffisant pour la musique et les images) et des prototypes jusqu'à 20 Mbit/s (pour la vidéo) sont en cours de développement.
Enfin, le Wi-R résout selon Ixana le "problème du dernier mètre" dans un réseau corporel. C’est à dire l'interaction homme-machine avec les appareils installés sur ou dans le corps humain. Une connexion individuelle de chaque appareil avec un routeur non humain étant jugée inefficace sur le plan énergétique par Ixana qui y oppose son approche dans laquelle il suffit de toucher un appareil faisant office de hub, par exemple un iPhone, pour se connecter immédiatement au BAN. D’un point de vue des applications concrètes, Ixana a démontré en janvier lors du dernier salon CES qu’une personne avec son smartphone dans sa poche peut diffuser de la musique dans son casque (ce que fait déjà Bluetooth, mais de manière beaucoup plus énergivore) mais il peut également tenir la main d'une autre personne et diffuser de la musique dans les écouteurs de celle-ci grâce à la technologie d’Ixana qui utilise le corps humain comme antenne.
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