L'usage d’un spectre sans licence et partagé par les entreprises représentera 40% du marché 5G d'ici 2026

[EDITION ABONNES] Avec la publication de la Release 16 des spécifications 3GPP en 2020, ont été introduites des fonctionnalités dites NR-U (Unlicenced) permettant de mettre en œuvre des porteuses 5G NR dans des bandes de fréquence partagées accessibles sans licence, d’abord dans la gamme des 5 GHz puis ultérieurement dans celle des 6 GHz. ...Une possibilité qui, selon ABI Research, ouvre la voie à la mise en place de modèles réseau innovants destinés à répondre à divers besoins de connectivité, en particulier pour les entreprises officiant dans des secteurs verticaux industriels.

Une assertion loin d’être anecdotique car la société d’études estime que le chiffre d’affaires généré par les ventes d’unités radio pour un usage dans des bandes partagées et accessibles sans licence pourrait atteindre 6,2 milliards de dollars d’ici à 2026 pour des ventes en volume cumulées de l’ordre de 27,3 millions d’unités. Ces chiffres sont certes inférieurs à ceux des équipements radio 5G exploitant le spectre sous licence, mais l'écart se réduit rapidement, assure ABI Research, avec une répartition anticipée de 40/60 en 2026 (soit 40% pour les unités radio 5G NR-U).

« La croissance rapide du trafic de données et la convergence des différents niveaux d'exigences de qualité de service ont été remarquées par le secteur des télécommunications et ont motivé les principaux acteurs à réfléchir à une utilisation plus efficace des ressources de fréquence forcément limitées, détaille Jiancao Hou, analyste spécialiste des infrastructures réseau 5G et mobiles chez ABI Research. Au-delà du spectre accessible sous licence, les gouvernements et les autorités de régulation concernées s'efforcent de libérer davantage de spectre au niveau local, que celui-ci soit sous licence ou accessible sans licence et partagé, pour aider de nombreux secteurs industriels à répondre à divers besoins de connectivité. »

De manière générale, les opérateurs recherchent des solutions rentables pour étendre la capacité et la couverture de leur réseau en exploitant le spectre sans licence et partagé, rappelle le cabinet d’analystes. Et, à ce titre, le lancement commercial du Gigabit LTE a donné un excellent exemple de l'exploitation du spectre sans licence pour améliorer les débits. Par ailleurs, l’innovation dans le domaine de l’accès aux fréquences permet déjà de répondre aux besoins de différents secteurs verticaux industriels avec un coût de déploiement réseau réduit.

ABI Research cite à cet égard les concepts de partage sous licence LSA (Licensed Shared Access) et d’accès partagé autorisé ASA (Authorised Shared Access) dans les bandes CBRS (Citizens Broadband Radio Service) sur le marché américain et la bande 2,3 GHz en Europe. Ces concepts permettent d’attribuer à de nouveaux utilisateurs une autorisation sur des fréquences qui restent affectées à un autre (le détenteur de la licence d’exploitation desdites fréquences) à la condition expresse de ne pas perturber ce dernier. Enfin, la société d’études rappelle que la Release 16 des spécifications 3GPP introduit les technologies TSN (Time Sensitive Networking) et CoMP (Coordinated MultiPoint) qui peuvent aider les opérateurs réseau à offrir une meilleure expérience utilisateur et à réduire l'écart de performances avec celles attendues dans le spectre sous licence.