Le projet européen AIMM se penche sur le Mimo massif dopé à l’intelligence artificielle pour la 5G et au-delà

[EDITION ABONNES] Même si on en est encore très loin et si cela peut sembler un vœu pieux, l’une des ambitions de la 5G est d’apporter la connectivité sans fil à tous les êtres humains et tous les types de terminaux, d’objets et d’équipements. Toutefois, dans la phase initiale du déploiement de la 5G, la couverture ne sera disponible que dans certaines zones ...et dans un nombre limité de villes à travers le monde. Augmenter la couverture des réseaux 5G nécessitera des investissements supplémentaires de la part des opérateurs pour déployer de nouvelles antennes, ajouter du spectre et mettre à niveau leur infrastructure existante. Dans le même temps, ces mêmes opérateurs devront donc rechercher des opportunités d'efficacité et de monétisation, au-delà de la simple fourniture d'une connectivité améliorée. Et cela passera forcément par l’intégration de nouvelles technologies émergentes, comme la mise en cache en périphérie de réseau (edge caching), le cloud computing et l'intelligence artificielle (IA), dans le but d'optimiser les indicateurs de performance clés (KPI).

C’est dans ce cadre qu’il faut replacer la mise sur pied du projet AIMM (AI-enabled Massive Mimo) au sein du programme européen de recherche Celtic-Next. Placé sous la coordination de la société InterDigital, le projet va explorer de nouveaux algorithmes IA et des utilisations innovantes de configurations Mimo massives pour améliorer la 5G et au-delà. On rappellera que le Mimo (Multiple Input Multiple Output) massif repose sur l’usage d’un très grand nombre d’antennes co-localisées ou distribuées (plusieurs centaines) dont les signaux interfèrent les uns avec les autres. Avec des avantages promis comme une meilleure fiabilité des communications, une latence réduite, des débits plus élevés.

L’objectif du projet AIMM qui réunit également British Telecom, Vilicom, ThinkRF, Nokia Bell Labs Stuttgart, IMST et les universités de Bristol, de Loughborough et de Stuttgart, est d’optimiser à la fois l'interface radio et le réseau d'accès radio (RAN) en explorant des configurations d'antenne inédites et des métasurfaces (*) intelligentes, en créant de nouveaux algorithmes IA pour améliorer l’interface 5G NR (New Radio) et le RAN 5G, et en validant ces évolutions dans des bancs de test expérimentaux de preuves de concept.

Le projet AIMM, auquel pourraient se joindre Nokia Bell Labs France, CentraleSupélec et la société française Montimage, doit se terminer en septembre 2022.

(*) Les métasurfaces sont des composants optiques fonctionnels ultraminces.