Airbus parie sur les concepteurs d'une puce qui protège les satellites des dommages causés par les rayonnements

[EDITION ABONNES] Créée en 2019 et issue des travaux de l’université de technologie de Nanyang, la start-up singapourienne Zero Error Systems (ZES) a rejoint le portefeuille de sociétés soutenues financièrement par Airbus Ventures, le fonds d’investissement géré par le groupe Airbus. ...ZES, qui vient de boucler un tour de table de 2,5 millions de dollars singapouriens (1,57 millions d’euros), développe des puces électroniques et des solutions de haute fiabilité qui assurent et renforcent la protection des circuits intégrés standard contre les rayonnements ionisants et les particules énergétiques.

La start-up cible bien évidemment en premier lieu les secteurs du spatial et de l’aéronautique, mais aussi l’automobile.

Sous le nom de LDAP (Latchup Detection And Protection), ZES a notamment conçu une puce monolithique durcie contre les rayonnements qui repose sur une technologie brevetée propriétaire et qui est censée protéger les circuits intégrés sur étagère (COTS, Commercial Off-The-Shelf) contre les phénomènes potentiellement destructifs de verrouillage dus à des événements singuliers comme les ions lourds (SEL, Single-Event Latch-up). Et ce en éteignant les circuits à protéger avant qu’ils ne soient endommagés. Une caractéristique qui, sur le papier, permet l’envoi dans l’espace de circuits électroniques avancés standard (comme ceux mis au point pour des smartphones par exemple) dès lors qu’ils sont accompagnés d’une puce LDAP. Sachant que cette dernière est présentée comme immunisée contre les SEU (Single Event Upset, basculement des bits dans une cellule mémoire) et les SET (Single Event Transient, génération d’une impulsion de courant dans un circuit combinatoire). Le circuit de ZES ne serait pas, en outre, affecté par le courant de dérive à long terme dû à la dose ionisée totale (TID).

Le tour de table auquel a participé Airbus Ventures doit permettre à ZES d’élargir ses activités, d’approfondir ses collaborations avec des clients internationaux pour déployer ses produits dans l'espace, et d'explorer de nouvelles applications, y compris dans le domaine des véhicules à haut niveau d'autonomie. En utilisant la technologie de la société singapourienne, les équipementiers dans les domaines du spatial ou de l’aéronautique vont pouvoir utiliser de l’électronique grand public dernier cri, et notamment des puces IA évoluées, dans leurs satellites ou leurs engins volants autonomes.

ZES, qui affirme avoir déjà équipé trois picosatelllites fabriqués par l’Institut de technologie de Kyushu au Japon, prévoit les premiers lancements de ses puces en orbite courant 2021.