La Chine passe en tête des ventes de modules M2M cellulaires en volume et en valeur

[EDITION ABONNES] Les fabricants occidentaux de modules M2M cellulaires ne détiennent plus que 27% des ventes en volume et 40% du marché en valeur. Sur le créneau de l’Internet des objets (IoT) vu du côté des fournisseurs, l’année 2019 a en effet été marquée par la montée en tête de classement des fabricants chinois ...et ce pour la première fois, constate ABI Research. Le chinois Quectel est désormais le plus grand fournisseur de modules IoT cellulaires au monde, assure la société d’études.

Ce succès apporte avec lui un certain nombre de défis à relever car il n’est jamais facile de se maintenir au sommet. De fait, les fournisseurs chinois sont conscients qu’ils doivent consolider leurs acquis sans tabler seulement sur des volumes élevés et des prix bon marché. Une crédibilité à long terme ne s’acquiert qu’en garantissant la qualité des produits et la fiabilité en tant que fournisseur, assène ABI Research.

Quoi qu’il en soit, les fournisseurs occidentaux présents depuis longtemps sur le marché des modules cellulaires sont impactés. « Ils ont évidemment eux aussi un défi à relever, souligne Jamie Moss, responsable des études sur les marchés du M2M, de l’IoT et de l’IoE. Mais bien qu'ils ne représentent que 27% des ventes en volume, les fournisseurs occidentaux revendiquent toujours près de 40% des ventes en valeur. L'IoT est un vaste marché avec un potentiel énorme et peut-être illimité. Ce n’est pas tant les fabricants occidentaux qui se voient retirer leur mainmise sur le marché, ce sont plutôt leurs concurrents chinois qui saisissent mieux les nouvelles opportunités commerciales. Historiquement, les vendeurs chinois ont bâti leur succès grâce au marché de l’empire du Milieu, mais la plupart d’entre eux se développent activement à l'international et augmentent chaque année la part non domestique de leur chiffre d'affaires. »

La technologie NB-IoT a été l'un des principaux moteurs de la forte progression des ventes en volume de de modules cellulaires en Chine, ajoute la société d’études. En 2019, les modules NB-IoT ont en effet accédé à un marché de gros volume, mais essentiellement en Chine. Le nombre de modules NB-IoT vendus l’année dernière a été multiplié par près de 3 pour atteindre des dizaines de millions d’unités. Or 96% de tous les modules NB-IoT provenaient de fournisseurs chinois, et la moitié ont été fournis par… le seul Quectel. De plus, 65% des ventes étaient destinées à être utilisées sur le marché chinois.

En comparaison, les livraisons de modules LTE-M sont restées lentes à démarrer, du fait en partie qu’il existe trois fois moins de réseaux LTE-M dans le monde que de réseaux NB-IoT. Certains fournisseurs ont toutefois commencé d’afficher en 2019 des ventes prometteuses de modules LTE-M à hauteur de quelques millions d’unités. ABI Research rappelle à cet égard que la société suisse u-blox s'est engagée à lancer son propre circuit LTE-M et NB-IoT bimode en 2021.

Parallèlement, la 5G commence à impacter le marché des modules IoT cellulaires. « 2019 a vu les premières ventes de modules 5G rapportées par les fournisseurs, même si les chiffres sont restés très faibles, aux alentours de quelques milliers d'unités, précise Jamie Moss. La plupart des fournisseurs ont déjà inscrit des produits 5G à leurs portefeuilles, dont la majorité fonctionne dans les bandes de fréquence situées sous les 6 GHz. Sierra Wireless et Telit ont toutefois confirmé le lancement prochain de modules à double mode sub-6 GHz et millimétrique, et SIMCom prévoit d’en faire autant et ce avant la fin de 2020. »