Le consortium DVB s’intéresse à la nouvelle génération de codecs vidéo dont l’AV1 et le VVC[EDITION ABONNES] Le consortium DVB, qui édicte des standards techniques pour la diffusion numérique de services TV et multimédias et qui a, en partie, fait le succès des normes de codage vidéo MPEG (MPEG-2, MPEG-4 AVC, HEVC), a organisé la semaine dernière un atelier sur la nouvelle génération de codecs vidéo... en vue d’une intégration éventuelle dans les futures spécifications de l’organisme. Dans ce cadre, les promoteurs de cinq solutions différentes de codage vidéo ont été invités à détailler leurs approches. Les présentations ont été suivies d’un exposé sur les divers facteurs qui pourraient conduire à l’inclusion d’un ou de plusieurs de ces nouveaux codecs dans les futurs standards DVB et d’une présentation des résultats de comparaisons techniques sur les performances des codecs en présence. Parmi les cinq technologies détaillées lors de l’atelier figuraient notamment le codec AV1 promu par l’Alliance for Open Media (AOMedia) et le codec MPEG-I VVC (Versatile Video Coding) élaboré en commun par les organismes de normalisation UIT et ISO/CEI. L’alliance AOMedia, rappelons-le, a été créée en septembre 2015 pour développer de nouveaux codecs vidéo et formats multimédias « ouverts », disponibles sans royalties et optimisés pour les contenus disponibles sur le Web. Soutenu par des poids lourds comme Google, Netflix, Intel et Microsoft, le standard AV1 a été finalisé en 2018. Publiée il y a quelques mois, la norme de codage vidéo H.266/VVC, quant à elle, est soutenue par des industriels comme Apple, Ericsson, Intel, Huawei, Microsoft, Qualcomm et Sony. VVC promet une efficacité de codage de 50% supérieure à celle de son aîné, le standard H.265/HEVC, à qualité visuelle identique (et donc à un débit binaire après codage réduit d’un facteur deux). Elaborée par le groupe d’experts JVET (Joint Video Exploration Team) commun au comité MPEG de l’ISO/CEI et au groupe de travail VCEG (Video Coding Experts Group) de l’UIT, la nouvelle norme devrait jouer un rôle vital dans le décollage du marché de la TV 8K. Polyvalente, elle vise à répondre à toutes les applications vidéo telles que la téléphonie mobile, la vidéo à la demande, la diffusion TV « classique », le streaming OTT (Over-The-Top), la visioconférence ou le codage panoramique à 360° (lire notre article ici). Les trois autres codecs vidéo présentés lors de l’atelier DVB étaient l’AVS3 (promu par la Chine), le MPEG-5 EVC (Essential Video Coding) (élaboré par Huawei, Qualcomm et Samsung) et le MPEG LCEVC (Low Complexity EVC), détaillé par la société V-Nova. Aujourd’hui à l’état de FDIS (Final Draft International Standard), le standard MPEG-5 EVC définit deux profils dits Baseline et Main. Le premier intègre uniquement des technologies qui ont au moins vingt ans d’ancienneté ou qui sont disponibles gratuitement pour un usage au sein de cette norme. Le profil Main, de son côté, y ajoute un petit nombre d’outils complémentaires dont chacun peut soit être désactivé, soit remplacé pour l’outil Baseline correspondant. Une option qui, selon les spécialistes du dossier, permettrait aux entreprises intéressées par le codec MPEG-5 EVC qui ne souhaiteraient pas s’acquitter de frais de licences associés à certains outils (au coût peut-être prohibitif) de se rabattre sur les options du profil Baseline, certes moins efficaces, mais nettement moins onéreuses. Quoi qu’il en soit, Qualcomm, Samsung et Huawei se donnent encore deux années pour détailler les termes de leurs licences respectives relatives au standard MPEG-5 EVC Enfin la technologie LCEVC, dont V-Nova propose déjà une implémentation concrète, vise à s'intégrer à n'importe quelle chaîne d'encodage existante utilisant notamment les codecs AVC/H.264, HEVC, VP9, AV1, voire ultérieurement VVC. L'objectif étant d'atteindre une qualité identique voire légèrement supérieure à un codec de nouvelle génération au même débit et pour une complexité de calcul jusqu'à 4 fois inférieure. |